Une coalition regroupant plus de 35 organisations de la société civile du Delta du Niger a adressé un ultimatum au président Bola Ahmed Tinubu. Elle exige des clarifications sur les conditions d'attribution de deux blocs pétroliers, pointant du doigt des risques potentiels de conflits d'intérêts impliquant un haut responsable du secteur.
Des soupçons de conflits d'intérêts au sommet
Le cœur de la contestation repose sur des allégations de favoritisme dans l'octroi de ces actifs stratégiques. Selon la coalition, les blocs auraient été attribués à des entités ayant des liens étroits avec un haut responsable de l'industrie pétrolière nigériane. Bien que ces accusations ne soient pas encore prouvées, les organisations soulignent que la nature sensible de ces ressources publiques impose une exigence absolue de probité. Elles réclament une transparence totale sur l'identité des bénéficiaires, le cadre légal de la transaction et la compétitivité réelle du processus d'appel d'offres.
Exigence d'une enquête indépendante
Loin de demander une condamnation immédiate, la coalition insiste sur la nécessité d'une procédure rigoureuse. Elle appelle le gouvernement à mandater des institutions de contrôle, telles que le Bureau des marchés publics et le Bureau de l'Auditeur général de la Fédération, pour auditer ces transactions. Les organisations souhaitent également que la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) ainsi que la Commission indépendante des pratiques de corruption (ICPC) se saisissent du dossier afin d'examiner les éventuels liens financiers ou personnels entre les bénéficiaires et les autorités décisionnaires.
Un ultimatum sous tension
La coalition a fixé la date butoir du 1er septembre 2026 pour obtenir une réponse concrète de l'exécutif. Passé ce délai, les organisations prévoient d'organiser des manifestations pacifiques, tant dans les États du Delta du Niger qu'à Abuja. Tout en réaffirmant leur volonté de ne pas perturber les infrastructures nationales critiques, les représentants de la société civile exhortent la présidence à établir un canal de dialogue formel avant l'échéance. L'enjeu pour le gouvernement est désormais de préserver la confiance publique en garantissant que la gestion des ressources pétrolières, pilier de l'économie nationale, respecte les standards de redevabilité les plus stricts.