Le 16 octobre 2026, plus de 200 habitants du quartier de Grand Dakar ont manifesté pour réclamer justice après la mort d'Astou Pierre, une femme de 40 ans décédée des suites d'une agression à l'acide commise par son ex-compagnon. Ce rassemblement souligne une demande croissante de protection des femmes et une volonté de briser le silence entourant les violences conjugales au Sénégal.
Une impunité dénoncée par les proches
L'agression, survenue fin juin, a conduit à une hospitalisation prolongée de 47 jours en soins intensifs avant que la victime ne succombe à ses blessures le 1er octobre. Malgré le dépôt d'une plainte par la famille, le suspect demeure introuvable quatre mois après les faits. Cette absence d'arrestation alimente l'indignation des proches et des voisins, qui dénoncent une lenteur judiciaire perçue comme un manque de considération pour la sécurité des femmes.
Le poids des traditions face à l'urgence sécuritaire
Au-delà du cas spécifique d'Astou Pierre, les manifestants ont pointé du doigt le poids du « soutoureu », une tradition sociale qui encourage à maintenir les violences domestiques dans la sphère privée. Pour le collectif Justice pour Astou Pierre, cette culture du silence entrave la protection des victimes. Les témoignages recueillis lors de la marche révèlent un sentiment de vulnérabilité partagé par de nombreuses jeunes femmes, qui estiment que leurs plaintes ne sont pas suffisamment prises au sérieux par les autorités policières.
Vers une évolution du cadre législatif
La mobilisation devant la préfecture de Grand Dakar porte des revendications précises : une accélération de l'enquête pour interpeller le suspect et une réforme législative majeure. Le collectif demande explicitement que le terme « féminicide » soit formellement inscrit dans le Code pénal sénégalais. Cette demande s'inscrit dans une volonté de donner une qualification juridique spécifique à ces crimes, afin de mieux les identifier et de renforcer la réponse pénale face à la recrudescence des violences faites aux femmes dans le pays.