La Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP) et la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) ont officiellement interpellé les autorités congolaises concernant la situation du pasteur Daniel Ngoy Mulunda. Face à la persistance de rumeurs sur son décès, ces organisations exigent une clarification immédiate sur son état de santé et son lieu de détention, rappelant les impératifs de transparence et de respect des droits fondamentaux.
L'exigence d'une preuve de vie
Lors d'une conférence de presse tenue le 31 août à Kinshasa, la FBCP a souligné l'absence totale de communication officielle sur le sort de l'ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Emmanuel Cole, président de l'ONG, a insisté sur la nécessité pour l'État de confirmer ou d'infirmer les informations circulant sur les réseaux sociaux. Cette demande vise à mettre fin à l'incertitude qui entoure le pasteur depuis son extradition de Zambie vers la République démocratique du Congo en décembre 2024.
Le respect des procédures judiciaires
Au-delà du cas spécifique de Daniel Ngoy Mulunda, la CNDH et la FBCP rappellent que la détention doit impérativement se conformer aux dispositions constitutionnelles. Me Jean-Richard Tshibanda, commissaire au sein de la CNDH, a réitéré l'importance de la dignité humaine dans le traitement des dossiers pénaux. De son côté, Emmanuel Cole a dénoncé ce qu'il qualifie d'arrestations arbitraires, rappelant que les officiers de police judiciaire et les magistrats sont soumis à la loi. Il appelle à ce que tout détenu soit présenté devant son juge naturel, conformément aux articles 12 et 18 de la Constitution congolaise.
La lutte contre l'arbitraire
La FBCP maintient une pression constante sur les autorités pour que les procédures judiciaires ne soient pas détournées. L'organisation demande l'interpellation des magistrats responsables d'arrestations jugées irrégulières, estimant que le non-respect des délais et des formes de procédure constitue une violation grave de l'État de droit. Pour les observateurs, cette affaire cristallise les enjeux liés à la protection des libertés publiques et à la nécessité d'une justice transparente, indépendamment du statut politique ou religieux des personnes détenues.