Une cyberattaque d’une ampleur inédite en Serbie a visé au moins 14 membres de la société civile, dont des étudiants, entre janvier et août 2026. Alerté par Apple, qui a notifié des victimes potentielles dans 110 pays, le groupe de défense des droits numériques Share Foundation parle de la plus grande vague d’infections par des logiciels espions jamais documentée dans le pays. Un scandale qui éclabousse le gouvernement d’Alexandar Vučić, déjà sous le feu des critiques pour son autoritarisme croissant.
Des cibles issues de tous les milieux de la société civile
Les victimes, réparties dans plusieurs régions de Serbie, incluent des militants, des journalistes et des étudiants engagés dans des mouvements de protestation. Selon Share Foundation, ces attaques s’inscrivent dans une stratégie délibérée de surveillance massive, visant à étouffer les voix dissidentes. Les logiciels espions utilisés, dits « mercenaires », sont réputés pour leur sophistication et leur capacité à contourner les protections des appareils.
Un gouvernement sous le feu des soupçons
Bien que Aleksandar Vučić et son administration nient toute implication dans ces cyberattaques, les preuves s’accumulent. Apple, dont les notifications ont déclenché l’enquête, a confirmé que les infections correspondaient à des outils de surveillance commerciale souvent détournés à des fins étatiques. Les autorités serbes, déjà accusées de réprimer les libertés numériques, se retrouvent une fois de plus dans le collimateur des organisations de défense des droits humains.
Les réactions internationales et les risques pour la démocratie
Cette affaire soulève des questions sur l’utilisation des technologies de surveillance à des fins politiques. Des experts craignent que ces pratiques ne se généralisent en Europe de l’Est, où plusieurs gouvernements sont accusés de museler l’opposition via des moyens numériques. En Serbie, où les élections de 2026 ont été marquées par des accusations de fraude, l’opacité autour de ces cyberattaques alimente les tensions. Les ONG locales appellent à une enquête indépendante, tandis que les victimes, encore sous le choc, tentent de mesurer l’étendue des données volées.