La Senelec, société nationale d'électricité du Sénégal, fait l'objet d'interrogations majeures suite à la signature d'un contrat de fourniture de compteurs avec la société Amco SA. Cet engagement, conclu le 30 décembre 2024 pour une durée de 15 ans, porte sur un montant minimal estimé à 138 milliards de FCFA et soulève des questions sur la transparence des procédures de passation des marchés publics.
Un engagement contractuel sur le long terme
Le contrat prévoit la livraison de 300 000 compteurs par an, soit un volume total de 4,5 millions d'unités sur la période de 15 ans. Ce mécanisme garantit à Amco SA, une structure dans laquelle la Senelec détiendrait une participation au capital, un débouché massif et pérenne. Le document stipule également une clause de commande minimale fixée à 30 % du volume annuel en cas de besoins réduits, assurant ainsi une activité constante au fournisseur. Les équipements prévus, de marque Hexing, sont les mêmes que ceux qui avaient suscité des débats par le passé dans le cadre du dossier Akilee.
Des zones d'ombre sur la procédure de passation
La principale critique porte sur l'absence apparente d'appel à la concurrence pour l'attribution de ce marché. Selon les informations disponibles, le contrat aurait été finalisé sans l'approbation préalable de la Direction centrale des marchés publics (DCMP). Cette configuration, qui positionne Amco SA comme fournisseur unique, limite mécaniquement la mise en concurrence. Des clauses restrictives, exigeant un accord écrit et signé des deux parties pour toute modification, sont également pointées du doigt pour la rigidité qu'elles imposent à la gestion future de la Senelec.
Risques financiers et perspectives de révision
Si le montant initial est estimé à 138 milliards de FCFA, le coût final pourrait évoluer significativement. Le contrat intègre des dispositions permettant une révision régulière des tarifs, actuellement fixés à 29 046 FCFA pour les compteurs monophasés et 49 525 FCFA pour les modèles triphasés. Des projections suggèrent que, selon l'évolution des prix, la facture totale pourrait dépasser la barre des 200 milliards de FCFA sur la durée totale de l'engagement. À ce stade, aucune autorité de contrôle n'a officiellement validé ou invalidé la régularité de cette procédure, laissant planer une incertitude sur la conformité de cet accord avec les règles de bonne gouvernance des entreprises publiques sénégalaises.