La France entre dans une phase de stagnation économique, directement liée aux bouleversements climatiques. Selon l'Insee, le PIB a reculé de 0,2 % au premier trimestre 2025 et affiche une croissance nulle au deuxième, confirmant les craintes d'un « été horrible » marqué par des canicules et une sécheresse historique.
Un PIB en chute libre : l'Insee révise ses prévisions à la baisse
L’Institut national de la statistique a revu ses estimations pour les deux premiers trimestres de l’année. Le produit intérieur brut (PIB) français, initialement prévu à -0,1 % pour le premier trimestre, est désormais à -0,2 %. Pour le deuxième trimestre, la croissance, initialement estimée à +0,2 %, est ramenée à 0 %. Cette révision s’explique par la dégradation de la production agricole, bien plus sévère que prévu fin juillet.
Les canicules et la sécheresse, boulets économiques pour l’agriculture
Roland Lescure, ministre de l’Économie, a pointé du doigt l’impact des épisodes caniculaires répétés et de la sécheresse sur les récoltes. « Les récoltes vont sans doute être extrêmement difficiles dans un certain nombre de secteurs et de régions », a-t-il déclaré lors des Universités d’été de l’économie de demain. Ces conditions climatiques, désormais intégrées dans les modèles économiques, devraient peser sur la croissance des trois premiers trimestres de l’année.
Bercy anticipe un budget 2027 sous tension
Le gouvernement français prépare déjà le terrain pour le prochain exercice budgétaire. Les prévisions économiques de Bercy, qui intègrent désormais ces aléas climatiques, pourraient être revues à la baisse. « L’impact macroéconomique de ces canicules à répétition et de la sécheresse, qu’on est en train de découvrir, sera intégré dans les prévisions pour le budget 2027 », a précisé le ministre. Une annonce qui laisse présager des arbitrages budgétaires serrés et une possible réduction des dépenses publiques.
Vers une récession en 2026 ? Les signaux s’accumulent
Ces chiffres interviennent alors que des craintes de récession pour 2026 se renforcent. Lescure a qualifié l’impact de « terrifiant » et « énorme », soulignant que la situation pourrait s’aggraver si les conditions météorologiques ne s’améliorent pas. Les acteurs économiques et les ménages devront composer avec une croissance atone, dans un contexte où l’inflation et les tensions sur les prix de l’énergie pourraient encore peser sur le pouvoir d’achat.