La ville de Marseille a officiellement lancé la Saison Méditerranée 2026, un événement d'envergure internationale qui mobilise plusieurs lieux emblématiques de la cité phocéenne. À travers des installations artistiques, des performances et des réflexions sur la diversité, cette programmation interroge les mémoires partagées et les enjeux sociétaux contemporains.
Résonances historiques à la Vieille Charité
L'artiste Adrien Vescovi investit la Vieille Charité avec son installation Dormir comme le soleil, visible jusqu'au 10 janvier 2027. Composée de 600 draps anciens teintés de pigments naturels, l'œuvre dialogue avec l'architecture de cet ancien hospice du XVIIe siècle. En intégrant des éléments naturels comme le vent et la lumière dans son processus créatif, Vescovi propose une réflexion sur le temps et la mémoire, transformant cet espace chargé d'histoire en un lieu de contemplation propice aux échanges.
La Friche La Belle de Mai, carrefour des créations méditerranéennes
Pionnière des tiers-lieux culturels, la Friche La Belle de Mai accueille cinq expositions mettant en lumière des artistes issus du Liban, du Maroc, d'Algérie et de Palestine. Parmi les œuvres marquantes, l'installation cinématographique Les rêves n’ont pas de titre de la franco-algérienne Zineb Sedira, déjà remarquée à la Biennale de Venise en 2022, est présentée pour la première fois en France. Le programme inclut également les travaux d'Abdessamad El Montassir et de Mona Benyamin, explorant, par le biais de la photographie, du film et de l'ironie, les récits intimes et collectifs de ces régions.
L'art comme levier de cohésion sociale
Au Mucem, le spectacle Mères Méditerrannées de Mohamed El Khatib a illustré la dimension politique de cette saison culturelle. En réunissant 22 mères de famille originaires de divers pays du pourtour méditerranéen, le metteur en scène a ouvert un espace de parole sur la transmission, les conflits et l'avenir commun. Dans un contexte marqué par les tensions sociales, cette initiative souligne le rôle de la culture comme vecteur de rapprochement. Pour Mohamed El Khatib, cette programmation constitue un geste fort, affirmant que la diversité issue des migrations représente une opportunité pour le dialogue et la compréhension mutuelle au sein d'une société en quête de repères.