La récente saisie de près de 3,9 tonnes de cocaïne par les douanes françaises au port de Dunkerque, dans un conteneur en provenance du Ghana, a déclenché une vive controverse politique à Accra. Alors que l'opposition réclame une enquête parlementaire, plusieurs voix s'élèvent pour contester la pertinence d'une telle démarche, pointant du doigt l'incapacité supposée de l'institution à s'extraire des clivages partisans.
Le scepticisme face à l'impartialité parlementaire
L'ancien député de Tamale Central, Inusah Fuseini, a exprimé une méfiance totale quant à la capacité du Parlement à faire la lumière sur cette affaire. Selon lui, l'institution n'a pas démontré sa faculté à traiter des enjeux de sécurité nationale sans céder aux pressions politiques. Cette position est partagée par des observateurs de la société civile, notamment le Dr John Osae-Kwapong du Centre pour le développement démocratique (CDD-Ghana), qui souligne une lassitude publique face à des enquêtes parlementaires dont les conclusions aboutissent rarement à des résultats concrets ou à des changements structurels.
La priorité aux agences de renseignement
Pour Inusah Fuseini, le recours au Parlement constitue une perte de temps inutile. Il préconise plutôt de confier les investigations aux agences de renseignement, seules structures jugées techniquement aptes à mener une enquête rigoureuse sur un trafic d'une telle ampleur. Cette approche privilégie l'expertise opérationnelle sur la confrontation politique, dans un contexte où la crédibilité des institutions est au cœur des préoccupations des citoyens.
Une convocation parlementaire sous tension
Malgré ces critiques, le président du Parlement a officiellement rappelé les députés de leur pause estivale pour une session extraordinaire prévue le 29 septembre 2026. Cette décision souligne l'urgence politique que représente cette saisie internationale pour l'image du pays. La tenue de cette séance sera un test majeur pour la législature, qui devra prouver qu'elle peut dépasser les postures partisanes pour répondre aux exigences de transparence et de sécurité publique liées à ce scandale de trafic de stupéfiants.