La récente saisie de près de 3,9 tonnes de cocaïne au port de Dunkerque, dissimulées dans un conteneur de déchets plastiques en provenance du Ghana, a déclenché une vive controverse politique à Accra. Alors que l'opposition réclame des sanctions contre les responsables des agences de sécurité, les autorités appellent à ne pas instrumentaliser ce dossier à des fins partisanes.
Un rappel à la réalité des saisies récurrentes
Elexander Twum-Barimah, directeur général adjoint de la Narcotics Control Commission (NACOC), a tenu à remettre en perspective cet événement. Selon lui, cette affaire ne constitue pas un incident isolé, mais s'inscrit dans une série de saisies de stupéfiants enregistrées ces dernières années aux points d'entrée et de sortie du pays. Il a notamment rappelé des interceptions significatives en 2018 et 2019, ainsi qu'une saisie d'héroïne en provenance du Kenya en septembre 2020, soulignant ainsi la permanence du défi sécuritaire auquel le pays est confronté.
L'opposition exige des comptes sur la sécurité
Face à l'ampleur de la cargaison interceptée par les douanes françaises, le New Patriotic Party (NPP) a haussé le ton. Le parti d'opposition exige le limogeage des dirigeants des agences en charge de la sécurité portuaire, des douanes et de la lutte contre les stupéfiants. Pour le NPP, le fait qu'une telle quantité de drogue ait pu quitter le territoire ghanéen sans être détectée révèle des failles structurelles majeures dans le dispositif de contrôle national.
Une procédure judiciaire en cours
Au-delà des joutes politiques, l'affaire suit son cours sur le plan judiciaire. Six personnes ont d'ores et déjà comparu devant un tribunal à Accra dans le cadre de l'enquête sur cette expédition illicite. Si la NACOC insiste sur la nécessité de traiter ce dossier avec rigueur technique plutôt que par le prisme de la confrontation politique, l'enjeu reste crucial pour la crédibilité des institutions ghanéennes en matière de lutte contre le crime organisé international.