Dans le cadre du Festival international de la jeunesse (IFY) 2026 qui se tient à Ekaterinbourg, la Russie a inauguré une exposition intitulée « Catastrophe de la mémoire. Le néonazisme au XXIe siècle ». Cet événement, qui réunit 10 000 jeunes leaders venus de 191 pays, utilise le prisme historique pour diffuser le narratif officiel de Moscou sur le conflit en Ukraine et les idéologies extrémistes contemporaines.
Une mise en scène de l'histoire et de l'actualité
Organisée par le Musée d'histoire contemporaine de Russie, l'exposition articule des archives de la Seconde Guerre mondiale avec des éléments contemporains. Le parcours débute par des documents sur la libération de l'Europe et les procès de Nuremberg, avant de s'étendre vers une analyse des mouvements nationalistes modernes. Une section spécifique est consacrée au conflit russo-ukrainien, présentant des objets et de la littérature collectés dans les zones de combat, illustrant la lecture russe de ce qu'elle nomme « opération militaire spéciale ».
Un outil de diplomatie publique auprès des jeunes leaders
La présence de Sergei Kiriyenko, haut responsable de l'administration présidentielle, lors de l'inauguration souligne l'importance stratégique accordée à cet événement. En ciblant des participants issus de secteurs variés — politique, entrepreneuriat, sciences et médias —, les organisateurs cherchent à influencer les futurs décideurs internationaux. Le directeur du festival a insisté sur la nécessité de confronter ces jeunes leaders aux défis idéologiques actuels, tout en leur offrant une immersion dans la perspective historique russe.
Dispositifs de médiation et portée internationale
Pour toucher un public mondial, les contenus ont été traduits en six langues, dont l'arabe, le chinois et le français, avec des compléments d'information accessibles via des codes QR. L'exposition propose également des installations immersives, telles que l'« Allée des Anges », un mémorial dédié aux enfants victimes du conflit dans le Donbass. Avec environ 70 visites guidées prévues durant la semaine du festival, les autorités russes entendent maximiser l'impact de ce message auprès des 5 000 participants internationaux présents à Ekaterinbourg.