Face à l'érosion du recrutement volontaire et à l'ampleur des pertes humaines sur le front, Moscou envisagerait une nouvelle vague de mobilisation massive. Selon les services de renseignement ukrainiens, ce plan prévoirait l'enrôlement de 600 000 soldats supplémentaires entre 2026 et 2027.
Une stratégie face à l'épuisement des effectifs
Les données transmises par Kyiv indiquent que la Russie aurait validé un objectif de 300 000 recrues pour l'année en cours, suivi d'un contingent équivalent en 2027. Cette décision répondrait à une nécessité opérationnelle critique : maintenir la pression militaire malgré un bilan humain estimé à plus de 1,4 million de soldats tués ou blessés depuis février 2022. Pour le seul premier semestre 2026, les pertes russes sont évaluées à 240 000 militaires, tandis que le taux de renouvellement par contrat volontaire stagne, peinant à compenser la mortalité élevée sur le champ de bataille.
Le déclin du vivier de recrutement régional
Le modèle de recrutement basé sur le volontariat montre des signes de faiblesse marqués dans plusieurs régions russes. Le nombre de candidats potentiels — incluant les populations précaires, les détenus et les migrants — aurait chuté de 30 à 40 % par rapport à 2025. Dans des zones comme Kourgan ou Volgograd, les objectifs mensuels ne sont plus atteints, illustrant une désaffection croissante. Parallèlement, le mécontentement social face à la poursuite du conflit atteindrait 69 % dans certaines régions, poussant les autorités à envisager une « mobilisation périphérique » qui épargnerait les grands centres urbains comme Moscou.
Élargissement des critères et arsenal juridique
Pour sécuriser ces nouveaux effectifs, Moscou a durci son cadre législatif. Le champ des personnes mobilisables a été étendu à de nouvelles catégories de condamnés, incluant des individus impliqués dans le trafic d'armes ou de drogues, et des discussions porteraient sur l'intégration de femmes condamnées. Sur le plan technique, le système de convocations électroniques est désormais pleinement opérationnel. Ce dispositif permet d'imposer des sanctions immédiates aux citoyens inscrits au registre, telles que l'interdiction de quitter le territoire, le gel des transactions immobilières ou la suspension du permis de conduire.
L'horizon politique de septembre
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy anticipe une annonce officielle de cette nouvelle phase de mobilisation au lendemain des élections à la Douma d'État, prévues du 18 au 20 septembre. Bien qu'une mobilisation partielle ait été décrétée dès septembre 2022, l'absence de décret mettant fin à ce processus laisse, sur le plan juridique, une marge de manœuvre constante aux autorités russes pour intensifier l'effort de guerre à tout moment.