La Russie a brandi la menace de représailles militaires contre la France et le Royaume-Uni après leur décision d’aider l’Ukraine à produire localement des missiles Storm Shadow. Moscou dénonce une provocation et évoque des « conséquences imprévisibles » pour les deux pays européens, tandis que Kiev renforce sa capacité industrielle avec le soutien occidental.
Une escalade verbale après l’accord franco-britannique
Jeudi 27 août, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a qualifié de « jeu avec le feu » l’engagement de Paris et Londres à transférer à l’Ukraine une technologie sensible pour la fabrication de missiles de croisière Storm Shadow. Selon elle, cette initiative expose les deux pays à des risques imprévisibles, y compris des frappes ciblées en Ukraine ou ailleurs. Moscou justifie sa rhétorique par les attaques ukrainiennes menées avec des missiles fournis par Londres contre le territoire russe.
Kiev prépare sa production locale avec l’aide de l’UE et des alliés
L’annonce russe fait suite à un accord conclu lundi entre la France et le Royaume-Uni lors d’une réunion à Kiev, marquant le 35e anniversaire de l’indépendance ukrainienne. Le Premier ministre britannique Andy Burnham a confirmé que Londres autoriserait l’accès de Kiev à des technologies classifiées pour produire le Storm Shadow, tandis que Paris a donné son feu vert pour l’utilisation sous licence de la version française SCALP-EG. Une coentreprise franco-britannico-italienne doit superviser la mise en place d’une chaîne de production en Ukraine d’ici la fin 2024. Parallèlement, l’Union européenne a annoncé une nouvelle enveloppe de 6,1 milliards d’euros d’aide militaire à Kiev.
Un missile au cœur des tensions géopolitiques
Le Storm Shadow, missile de croisière d’une portée supérieure à 550 km, intègre des composantes américaines, ce qui pourrait nécessiter l’aval de Washington pour son transfert technologique. Déployé depuis 2003 par plusieurs armées occidentales, dont la France, il a déjà été utilisé dans des conflits majeurs avant d’être livré à l’Ukraine dans le cadre du soutien occidental. Moscou, qui considère ce transfert comme une escalade, menace désormais de frapper des cibles britanniques en dehors de l’Ukraine, franchissant un seuil dans sa rhétorique belliqueuse. Aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée de la part de Paris ou de Londres.