La rupture des relations diplomatiques entre l'Algérie et les Émirats arabes unis, officialisée le 10 septembre 2026, marque l'aboutissement d'une dégradation profonde des liens entre les deux nations. Ce divorce, qui met fin à plus de soixante ans de rapports officiels, puise ses racines dans des différends économiques anciens et des accusations persistantes d'ingérence politique et de déstabilisation régionale.
Le contentieux immobilier de Dounia Park
Les premières frictions remonteraient à l'époque où Abdelmadjid Tebboune occupait le ministère de l'Habitat. Le refus du futur président de valider le projet immobilier « Dounia Park » aurait constitué le point de rupture initial. Selon des informations relayées, ce dossier, officiellement évalué à 500 millions d'euros, aurait dissimulé une tentative de transfert illégal de capitaux estimée à 5 milliards de dollars, une manœuvre bloquée par l'administration algérienne de l'époque.
Accusations d'ingérence et tensions électorales
Le président Tebboune a publiquement dénoncé, dès février 2026, des tentatives d'ingérence étrangère visant à influencer les scrutins présidentiels de 2019 et 2024. Alger soupçonne des cercles d'influence proches d'Abou Dhabi d'avoir orchestré des manœuvres depuis l'étranger pour contrarier le processus électoral algérien. Ces tensions ont culminé en juillet 2026, lorsque le chef de l'État a qualifié le partenaire émirati de « micro-État malfaisant », affirmant détenir des preuves de ses agissements hostiles.
Divergences stratégiques au Sahel et au Moyen-Orient
La politique étrangère émiratie, notamment la signature des accords d'Abraham en 2020, a accentué la méfiance d'Alger, qui perçoit le rapprochement entre Abou Dhabi et Israël comme une menace directe pour sa sécurité nationale. Par ailleurs, l'Algérie accuse les Émirats de soutenir des groupes armés au Soudan, au Mali et en Libye, contribuant ainsi à une instabilité régionale que le gouvernement algérien juge incompatible avec ses intérêts sécuritaires.
Conséquences immédiates de la rupture
Suite à l'annonce du ministère des Affaires étrangères le 10 septembre 2026, l'ambassadeur émirati a reçu un délai de 48 heures pour quitter le territoire algérien. Parallèlement, Alger a instauré une fermeture de son espace aérien aux aéronefs émiratis, militaires comme civils, bien que les vols commerciaux bénéficient d'une période de transition jusqu'à la fin de l'année. Cette décision radicale clôt une ère de coopération diplomatique entamée dès 1962.