Le bassin du Saloum, historiquement dominé par la culture de l'arachide et du maïs, explore de nouvelles perspectives agricoles avec le développement du riz de plateau. Porté par la Direction de l'agriculture, ce projet vise à démontrer la viabilité de cette spéculation sur des terres non inondables, offrant ainsi aux producteurs une source de revenus complémentaire.
L'adaptation technique du Nerika 8 aux aléas climatiques
Le succès de cette expérimentation repose sur le choix rigoureux des variétés. La variété Nerika 8 a été privilégiée pour sa résilience face aux irrégularités pluviométriques, un facteur déterminant dans une zone où l'agriculture dépend quasi exclusivement des précipitations. Malgré une pause pluviométrique ayant coïncidé avec la phase de floraison, le suivi technique a permis de stabiliser les cultures. Actuellement au stade de remplissage des graines, les parcelles montrent des résultats encourageants, confirmant la capacité de cette variété à maintenir son développement même en conditions hydriques limitées.
Démystifier la riziculture hors des bas-fonds
L'enjeu majeur de ce projet est de briser le paradigme associant systématiquement la riziculture aux zones de bas-fonds. À Latmingué et Sibassor, l'approche consiste à prouver que la maîtrise des techniques culturales permet une production efficace sur des terres de plateau. Cette phase expérimentale, qui s'appuie sur onze parcelles de test, sert de laboratoire pour valider l'adaptation de variétés comme le Nerika 8 et l'Izri 12 aux spécificités pédoclimatiques du Saloum.
Vers une diversification durable des revenus agricoles
Loin de vouloir évincer l'arachide, pilier traditionnel de l'économie locale, cette initiative s'inscrit dans une stratégie de diversification. Les techniciens agricoles observent que, dans les localités où le projet est déployé depuis deux ans, la riziculture de plateau est devenue une réalité économique tangible. L'ambition affichée par les acteurs du projet est désormais d'étendre les superficies cultivées, offrant ainsi aux exploitants une résilience accrue face aux fluctuations des marchés agricoles et une meilleure sécurité financière pour les ménages ruraux.