La révocation des passeports de plusieurs figures de l'opposition guinéenne, attribuée à l'administration du président Mamadi Doumbouya, suscite une vive condamnation de la part du défenseur des droits humains Alioune Tine. Cette mesure, qui frappe des acteurs politiques de premier plan, est perçue comme une escalade dans la répression visant à restreindre la liberté de mouvement et le statut juridique des opposants au régime actuel.
Ciblage des figures du FNDC et des leaders politiques
Les mesures administratives concernent des personnalités influentes de la scène politique guinéenne. Selon les informations relayées par Alioune Tine, les passeports de Sékou Koundouno et Ibrahima Diallo, responsables au sein du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), ont été révoqués alors qu'ils se trouvaient à Abidjan pour les obsèques du Premier ministre Sidya Touré. Cette décision frapperait également des leaders politiques de premier plan, notamment Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, les plaçant de facto dans une situation de vulnérabilité juridique internationale.
Une dérive autoritaire dénoncée
Pour Alioune Tine, ces actes ne sont pas des mesures isolées mais s'inscrivent dans une logique de répression systémique. Il compare ces pratiques à celles des régimes autoritaires et des systèmes de parti unique, soulignant le risque de réduire ces opposants au statut d'apatrides. Cette analyse met en lumière une inquiétude profonde quant à la dégradation des garanties fondamentales accordées aux citoyens, même lorsqu'ils sont engagés dans l'opposition politique.
Appel à une vigilance régionale accrue
Au-delà du cas guinéen, Alioune Tine interpelle les acteurs de la société civile, les intellectuels et les responsables politiques de l'Afrique de l'Ouest. Il exhorte à une rupture avec l'indifférence face à la multiplication des détentions arbitraires, des enlèvements et des disparitions forcées dans la sous-région. Cet appel à l'action vise à restaurer une forme d'hygiène morale dans le débat public, en insistant sur la nécessité de ne plus banaliser les violations des droits humains qui fragilisent la stabilité et la démocratie dans l'espace ouest-africain.