Un nouveau rapport publié lors de la COP17 à Oulan-Bator, en Mongolie, redéfinit la restauration des terres de parcours en la présentant comme une opportunité financière majeure plutôt que comme une simple œuvre caritative. Les experts estiment qu'un dollar investi dans la réhabilitation de ces écosystèmes peut générer entre 4 et 6 dollars de rendement économique.
Un modèle économique au-delà de la charité
Le rapport intitulé « Rangelands Rising: Investing in Sustainable Management and Restoration », fruit d'une collaboration entre l'ILRI, la GIZ et l'UICN, souligne que la rentabilité est désormais un argument central pour mobiliser les capitaux privés. Pour les entreprises dont les chaînes de valeur dépendent des terres de parcours, investir dans la restauration permet de réduire les risques opérationnels liés à la dégradation des sols. Cette approche transforme la gestion durable des terres en un levier stratégique pour sécuriser les activités économiques sur le long terme.
Le rôle crucial des communautés pastorales
Les auteurs du rapport insistent sur le fait que le succès de ces investissements ne doit pas se limiter à des indicateurs environnementaux comme la couverture végétale. Il doit impérativement se traduire par une amélioration des conditions de vie et de la résilience des populations locales. Les pasteurs, véritables gardiens de ces terres, possèdent un savoir ancestral indispensable. Le rapport préconise de les intégrer comme des acteurs centraux et non comme de simples bénéficiaires, tout en complétant leurs connaissances par des données scientifiques pour mieux affronter les aléas climatiques.
Mobiliser les financements publics et privés
Malgré le potentiel de rendement, les experts reconnaissent que les obstacles restent nombreux : insécurité foncière, gouvernance fragile et coûts de transaction élevés. Pour pallier ces freins, ils appellent à une utilisation stratégique des fonds publics afin de réduire les risques et d'attirer les capitaux privés via des mécanismes de finance mixte ou des échanges « dette contre nature ». Cette synergie est jugée essentielle pour passer à une échelle d'intervention capable de répondre à l'urgence de la dégradation des terres, particulièrement en Afrique de l'Ouest où le pastoralisme demeure un pilier économique et social vital.
Vers une approche holistique
L'investissement ne doit pas se cantonner à la restauration physique des sols. Il doit englober un accès facilité à l'eau, aux services de santé, à l'assurance et à l'information climatique. En protégeant la mobilité des pasteurs, une stratégie d'adaptation clé face au changement climatique, les investisseurs contribuent à maintenir la productivité des écosystèmes tout en renforçant la stabilité des communautés qui en dépendent.