La résolution de l'ONU sur la représentation cartographique de l'Afrique : un symbole sans levier économique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 34 lectures
La résolution de l'ONU sur la représentation cartographique de l'Afrique : un symbole sans levier économique

L'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution, portée par le Togo au nom du groupe africain, encourageant l'abandon de la projection de Mercator au profit de cartes à surfaces égales. Si cette initiative vise à corriger une distorsion historique qui minimise la taille réelle du continent, l'ancien vice-gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Kingsley Moghalu, souligne que ce changement de paradigme visuel ne constitue en rien un moteur de développement économique.

Une correction nécessaire de la perception mondiale

La projection de Mercator, conçue au XVIe siècle pour les besoins de la navigation, agrandit les zones proches des pôles tout en réduisant celles situées autour de l'équateur. Cette distorsion visuelle fait apparaître l'Afrique comme étant presque équivalente au Groenland, alors qu'elle est en réalité environ 14 fois plus vaste. Pour Kingsley Moghalu, cette résolution, adoptée par 164 voix contre 1, est une étape importante pour la dignité du continent. Il rappelle que les cartes ne sont pas de simples outils techniques, mais des instruments de vision du monde qui influencent la perception des rapports de force et de la centralité des nations.

La distinction entre visibilité et transformation structurelle

Malgré le soutien de l'Union africaine, l'ancien responsable financier met en garde contre toute illusion : une carte plus juste ne modifie ni les frontières nationales ni les capacités productives des États. Il insiste sur le fait que le développement durable repose sur des piliers concrets tels que la gouvernance, la planification stratégique, l'éducation et le renforcement des institutions. En citant l'exemple des économies asiatiques comme la Chine, Singapour ou le Vietnam, il souligne que leur essor a été le fruit d'investissements industriels massifs et d'une organisation interne rigoureuse, et non d'une simple amélioration de leur image internationale.

Un appel à l'action au-delà du symbole

Pour Moghalu, la nouvelle représentation cartographique doit servir de levier psychologique pour repenser le potentiel du continent. Il encourage les systèmes éducatifs à utiliser ces nouvelles projections pour montrer aux jeunes générations que l'Afrique possède une superficie capable d'accueillir les États-Unis, la Chine, l'Inde, le Japon, le Mexique et une grande partie de l'Europe réunis. Toutefois, il conclut que si la carte peut changer la manière dont le monde perçoit l'Afrique, elle ne peut se substituer à la volonté politique. Le développement demeure, selon lui, une construction intellectuelle et stratégique : « Le monde ne doit pas une projection à l'Afrique, l'Afrique se doit un plan. »

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