La résistance aux antimicrobiens tue un million de personnes par an : l'OMS appelle à une action multisectorielle urgente

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 25 lectures
La résistance aux antimicrobiens tue un million de personnes par an : l'OMS appelle à une action multisectorielle urgente

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d'alarme : les infections bactériennes résistantes aux médicaments causent environ un million de décès chaque année à travers le monde. Face à ce bilan, qui équivaut à deux vies perdues chaque minute, l'institution appelle à une mobilisation coordonnée dépassant le cadre strictement médical pour inclure les secteurs de l'agriculture, de l'alimentation et de l'environnement.

Une menace globale au-delà de la santé humaine

La lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM) ne peut plus être considérée comme une « pandémie silencieuse ». Selon Jean-Pierre Nyemazi, directeur par intérim du département RAM à l'OMS, la propagation des pathogènes résistants ignore les frontières et les secteurs d'activité. Pour contrer ce phénomène, l'OMS promeut désormais l'approche « One Health », une stratégie intégrée qui reconnaît l'interdépendance entre la santé humaine, animale, végétale et environnementale. Ce cadre, validé par quatre organisations internationales — l'OMS, la FAO, le PNUE et l'Organisation mondiale de la santé animale — vise à structurer l'action mondiale pour la prochaine décennie.

Priorité à la prévention et à la gouvernance

L'OMS estime qu'une réduction de 10 % des cas de RAM est réalisable à court terme. Pour y parvenir, les leviers identifiés sont multiples : amélioration des programmes de vaccination, renforcement des infrastructures d'eau, d'assainissement et d'hygiène (WASH), et une meilleure gestion de l'élevage. Parallèlement, la gouvernance politique est jugée cruciale. Les parlementaires sont appelés à traduire ces engagements scientifiques en législations contraignantes, en financements pérennes et en mécanismes de redevabilité. L'usage excessif d'antibiotiques de dernier recours dans l'élevage industriel, pointé du doigt par des législateurs européens, demeure un axe majeur de réforme pour limiter la propagation des résistances.

Le coût humain et économique de l'inaction

Au-delà des statistiques, la RAM brise des vies et des trajectoires économiques. Le témoignage de Rob Purdie, membre du groupe de travail de l'OMS sur les survivants de la RAM, illustre les conséquences dévastatrices d'un diagnostic tardif : cinq années d'incapacité de travail et des frais médicaux s'élevant à 250 000 dollars. Ces récits personnels servent à maintenir la pression sur les décideurs, alors que le coût de l'inaction ne cesse de croître. L'OMS insiste sur la nécessité d'investir dans de nouvelles technologies, telles que la thérapie par phages et de nouveaux antibiotiques, tout en garantissant un accès équitable aux médicaments existants, une problématique qui reste un défi majeur dans de nombreuses régions du monde.

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