Les autorités de la République démocratique du Congo ont acté la réouverture des établissements scolaires dans les zones frappées par l'épidémie d'Ebola. Cette décision marque l'abandon du modèle d'enseignement à distance, initialement instauré pour limiter les risques de propagation du virus dans les régions les plus exposées.
Le risque de décrochage scolaire au cœur de la décision
Le ministère de l'Éducation a fait marche arrière sur les directives du 19 août dernier, qui imposaient le recours aux supports papier, à la radio et à la télévision pour assurer la continuité pédagogique. Cette inflexion répond aux inquiétudes des autorités provinciales face au retard académique accumulé par les élèves. Dans la province de l'Ituri, plus de 1 000 établissements étaient classés en « zone rouge », une catégorie signalant une transmission active du virus, rendant l'apprentissage à distance complexe et potentiellement préjudiciable pour le niveau des élèves.
Des protocoles sanitaires stricts en milieu scolaire
Malgré la reprise des cours en présentiel, la vigilance reste de mise. Les écoles situées dans les zones à risque, y compris dans les secteurs du Nord et du Sud-Kivu sous contrôle des rebelles du M23, ont été équipées de kits d'hygiène. Le personnel enseignant a reçu pour instruction de faire respecter le lavage des mains et la distanciation physique. En cas de détection d'un nouveau cas d'Ebola au sein d'un établissement, le ministère a précisé que la fermeture immédiate et le basculement vers l'enseignement à distance seraient systématiquement réactivés.
Une épidémie persistante sans traitement homologué
La situation sanitaire demeure préoccupante avec un bilan dépassant les 3 000 décès pour 6 186 cas confirmés à travers six provinces, soit un taux de létalité de 48,6 %. La souche en circulation, l'espèce Bundibugyo, ne dispose à ce jour ni de vaccin ni de traitement approuvé. Face à cette menace, les familles multiplient les précautions individuelles, fournissant notamment du désinfectant à leurs enfants pour limiter les risques de contact physique lors des interactions en classe, alors que le virus se transmet par les fluides corporels.