Les cours du pétrole ont enregistré une hausse significative, dépassant les 91 dollars le baril, sous l'effet d'une recrudescence des tensions militaires entre les États-Unis et l'Iran. Ce regain de volatilité intervient après l'expiration d'une trêve de 60 jours, plongeant à nouveau les marchés dans l'incertitude quant à la stabilité des approvisionnements énergétiques mondiaux.
Une escalade militaire aux conséquences immédiates
Le marché réagit directement aux récents échanges de tirs entre les deux puissances. Des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak ont répondu à des attaques visant deux bases utilisées par les forces américaines en Jordanie, celles du roi Hussein et d'Al Azraq. Parallèlement, un pétrolier a été touché par des projectiles dans le détroit d'Ormuz, zone stratégique par laquelle transite environ un cinquième de l'offre mondiale de pétrole en temps normal. Aucune revendication n'a été formulée suite à cet incident, qui n'a fait aucune victime.
La fragilité du détroit d'Ormuz
Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz demeure fortement contraint. Les données de la plateforme MarineTraffic indiquent une baisse du nombre de transits, tombés à 107 entre le 24 et le 30 août, contre 121 la semaine précédente. Pour échapper aux risques de drones, de missiles ou d'interceptions navales, de nombreux navires naviguent désormais en mode « sombre », en désactivant leur système d'identification automatique (AIS). Cette pratique, bien que risquée, est devenue un indicateur clé pour les analystes de marché.
Vers une instabilité prolongée
Les experts anticipent une situation de « ni guerre, ni paix » qui pourrait perdurer jusqu'en 2027. L'espoir d'un accord à court terme permettant une réouverture totale du détroit s'amenuise à mesure que le conflit s'intensifie. Si le chemin de la moindre résistance pour le prix du baril semble être à la hausse à court terme, certains analystes soulignent que le marché reste très réactif : une diminution rapide de la prime de risque géopolitique est envisageable si les tensions s'apaisent et que les transferts de pétrole, même clandestins, reprennent une cadence plus soutenue.