La rentrée scolaire sous tension : l'inflation des coûts pèse sur les familles africaines

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 31 lectures
La rentrée scolaire sous tension : l'inflation des coûts pèse sur les familles africaines

La rentrée des classes est marquée cette année par une vive inquiétude des parents à travers le continent, confrontés à une flambée des prix des fournitures et à des frais de scolarité de plus en plus inaccessibles. Cette situation, qui touche des pays comme le Cameroun, le Maroc, la Guinée et Madagascar, fragilise l'accès à l'éducation et met en lumière les limites des systèmes publics face aux réalités économiques des ménages.

Le poids des importations et de l'inflation

La dépendance aux marchés extérieurs constitue un facteur aggravant de la cherté des fournitures. En 2024, l'Afrique a importé environ 360 000 tonnes d'articles de papeterie, pour une valeur de 779 millions de dollars, les cahiers d'exercices représentant près de la moitié de ces volumes. Le Nigeria et le Cameroun figurent parmi les principaux importateurs. Cette dépendance, couplée à la hausse des coûts de transport et des matières premières, répercute directement l'inflation sur le prix final payé par les familles, rendant les outils pédagogiques de base difficilement abordables.

Disparités et corruption dans le système éducatif

Au Cameroun, le décalage entre les statistiques officielles et la réalité du terrain est frappant. Si les dépenses annuelles moyennes sont estimées à 75 000 FCFA par enfant par l'Institut national de la statistique, les associations de consommateurs dénoncent des coûts réels bien supérieurs. Dans le secteur privé, les frais de scolarité peuvent atteindre 300 000 FCFA. Plus préoccupant encore, l'accès aux lycées publics, théoriquement gratuits, est entravé par des pratiques de corruption exigeant des paiements illégaux pour garantir une place aux élèves.

Pénuries et marchés informels

La question des manuels scolaires cristallise également les tensions. En Guinée, malgré la gratuité officielle des livres de programmes, leur vente illicite sur le marché noir prive de nombreux élèves d'outils essentiels, impactant directement le niveau d'éducation. Parallèlement, au Maroc et à Madagascar, les autorités font face à des pénuries récurrentes. L'Alliance des libraires au Maroc a d'ailleurs alerté sur la prolifération de circuits de vente informels, qui déstabilisent le secteur tout en soulignant la précarité des marges des libraires officiels face à une demande croissante.

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