La rentrée scolaire 2026 en République démocratique du Congo, qui concernait environ 31 millions d'élèves, s'est déroulée dans un climat d'incertitude profonde. Entre la menace sanitaire liée à Ebola, les mouvements de grève des enseignants et les difficultés économiques des ménages, le retour en classe reste très inégal sur l'ensemble du territoire.
Une mobilisation scolaire en demi-teinte
Si le lancement officiel de l'année scolaire par la ministre de l'Éducation nationale, Raïssa Malu, à la N’Sele, a marqué le début théorique des cours, la réalité du terrain est contrastée. Dans plusieurs provinces, les établissements ont ouvert leurs portes, mais les salles de classe sont restées largement inoccupées. À l'échelle nationale, les disparités sont frappantes : tandis que certaines zones comme Walikale-centre ont vu une présence effective des enseignants dès le premier jour, d'autres localités, notamment au Nord-Kivu et en Ituri, font face à une désertion massive des élèves.
Le défi sanitaire face à l'épidémie d'Ebola
La crainte de la propagation d'Ebola constitue un frein majeur à la scolarisation. Dans des villes comme Bunia, des mesures de contrôle, telles que la prise de température et le lavage des mains, ont été mises en place. Toutefois, ces dispositifs sont jugés insuffisants par les acteurs de terrain. Patrick Girinegi Urunga, président de l'intersyndicale des enseignants de l'Ituri, souligne l'absence critique de kits sanitaires, tels que le savon ou le chlore, dans de nombreuses écoles. Ce manque de moyens matériels alimente la méfiance des parents, qui préfèrent garder leurs enfants à domicile, malgré la présence des enseignants.
Grèves et précarité économique
Au-delà de l'enjeu sanitaire, le système éducatif congolais subit les contrecoups de la situation économique et sociale. À Beni, des enseignants du secteur public ont entamé un boycott de la rentrée, invoquant les risques liés à l'épidémie, ce qui a conduit au renvoi des rares élèves présents. Parallèlement, les familles font face à des difficultés croissantes pour financer les frais d'inscription et l'achat des fournitures scolaires. Face à cette situation, le gouvernement maintient pour l'heure le présentiel, tout en envisageant le recours à l'enseignement à distance dans les zones où le risque sanitaire est jugé trop élevé.