La rentrée scolaire au Sénégal face à l'érosion du pouvoir d'achat des ménages

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 36 lectures
La rentrée scolaire au Sénégal face à l'érosion du pouvoir d'achat des ménages

À l'approche de la rentrée scolaire d'octobre, les étals du marché Sandaga à Dakar sont approvisionnés en fournitures, mais peinent à attirer les clients. Cette faible affluence reflète une réalité économique nationale marquée par une pression accrue sur le pouvoir d'achat des ménages, contraints de prioriser leurs dépenses face à l'inflation.

La précarité comme frein à la consommation

La situation au marché Sandaga illustre les difficultés structurelles d'une large partie de la population sénégalaise. Avec 37,5 % de citoyens vivant sous le seuil de pauvreté, soit environ 6,55 millions de personnes, la capacité des familles à financer les besoins éducatifs est limitée. La dépense moyenne quotidienne par personne, qui s'établit à 1 487 F CFA, masque des disparités importantes entre Dakar et les zones rurales. Dans ce contexte, l'acquisition de fournitures scolaires devient une variable d'ajustement, souvent repoussée ou fractionnée par les parents.

Le poids de la conjoncture macroéconomique

Cette prudence des consommateurs s'inscrit dans un environnement macroéconomique complexe. La dette du secteur public a connu une progression marquée, passant de 11 219 milliards de F CFA en 2019 à 25 583 milliards à fin 2024, atteignant 128,6 % du PIB. La part prépondérante de la dette extérieure, qui représente 68,3 % de cet endettement total, limite les marges de manœuvre budgétaires. Pour les commerçants, cette situation se traduit par une baisse directe du volume des transactions et une modification des habitudes d'achat de leur clientèle.

L'inflation des produits de première nécessité

La difficulté à préparer la rentrée est exacerbée par la hausse constante du coût de la vie, notamment sur les denrées alimentaires de base. Le prix du kilogramme de bœuf a connu une augmentation significative, passant de 4 000 à 5 500 F CFA, tandis que celui du mouton atteint désormais 7 000 F CFA. Cette inflation sur les produits essentiels pousse les citoyens à réclamer des mesures correctives, comme en témoigne la mobilisation de plus de 4 000 personnes dans le cadre de la campagne « 30 jours pour le juste prix ». La rentrée scolaire, moment charnière pour les familles, cristallise ainsi les attentes sociales face à ces tensions inflationnistes persistantes.

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