Le gestionnaire du réseau électrique ghanéen, GRIDCo, traverse une année 2025 en demi-teinte marquée par une dégradation significative de son cœur de métier. Si le bénéfice net affiche une progression trompeuse, la réalité opérationnelle souligne une fragilisation structurelle de l'entreprise publique.
Une rentabilité opérationnelle en chute libre
Le rapport 2025 de la State Interests and Governance Authority (SIGA) dresse un constat sévère : le bénéfice opérationnel de GRIDCo a plongé de 89,45 %, passant de 955,19 millions de GH¢ en 2024 à seulement 100,82 millions de GH¢ en 2025. Cette contre-performance se traduit par une marge opérationnelle qui s'est effondrée, tombant de 26,65 % à 3,65 %. Malgré un chiffre d'affaires global stable aux alentours de 3,60 milliards de GH¢, l'entreprise peine désormais à générer des profits à partir de ses activités principales de transport d'électricité.
L'illusion du bénéfice net dopé par la finance
Paradoxalement, le bénéfice net de la société a bondi de 89,02 %, atteignant 584,46 millions de GH¢. Cette hausse ne provient pas d'une amélioration de l'efficacité technique ou opérationnelle, mais d'une explosion des revenus financiers, passés de 16,36 millions à 838,51 millions de GH¢ sur la même période. Ce recours aux revenus financiers pour compenser la faiblesse de l'exploitation masque une réalité plus préoccupante : le ratio de couverture des intérêts est passé de 1,23 à 0,92, indiquant que le bénéfice opérationnel ne suffit plus à couvrir les coûts financiers de l'entreprise.
Un bilan patrimonial sous tension
La structure financière de GRIDCo montre également des signes de faiblesse. Le total des actifs a reculé de 21 %, tandis que les capitaux propres ont diminué de 26,36 %, une baisse largement imputable à une perte de réévaluation des actifs immobilisés. Bien que l'entreprise ait réussi à réduire ses dettes portant intérêt de près de 35 %, son levier financier s'est accru, avec un multiplicateur de capitaux propres passant de 1,85 à 2,00. Enfin, la capacité de l'entreprise à générer des liquidités par son exploitation a été divisée par deux, avec une chute de 58 % du flux de trésorerie opérationnel net, un indicateur critique pour la pérennité des investissements dans le réseau national.