La reine Máxima appelle le Ghana à intégrer les soins numériques dans son système d'assurance maladie national

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 5 lectures
La reine Máxima appelle le Ghana à intégrer les soins numériques dans son système d'assurance maladie national

La reine Máxima des Pays-Bas, en sa qualité d'avocate spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la santé financière, a exhorté les autorités ghanéennes à moderniser le régime national d'assurance maladie (NHIS). L'objectif est d'intégrer les services de santé numériques pour alléger le fardeau financier des ménages, particulièrement pour les patients souffrant de maladies chroniques.

L'enjeu du reste à charge pour les patients

Malgré les avancées du Ghana en matière de couverture santé, la reine Máxima a souligné que de nombreux citoyens continuent de supporter des dépenses médicales directes importantes. Ces coûts imprévus constituent un risque majeur pour la stabilité financière des familles. Lors d'un dialogue politique à Accra, elle a insisté sur la nécessité de faire évoluer le système actuel pour qu'il couvre davantage les soins à distance, permettant ainsi aux patients d'éviter des déplacements fréquents et coûteux vers les hôpitaux.

Le modèle des soins basés sur la valeur

Au cœur de cette réflexion se trouve une initiative pilote menée par PharmAccess, l'Autorité nationale de l'assurance maladie (NHIA) et l'Association chrétienne des services de santé du Ghana (CHAG). Ce programme utilise la plateforme numérique NkwaPlus pour le suivi à distance de l'hypertension et du diabète. Les résultats sont probants : le taux de contrôle de la tension artérielle chez les patients participants est passé de 50 % à 57,1 % en un an. Toutefois, si les consultations physiques sont prises en charge par le NHIS, le suivi numérique via NkwaPlus reste actuellement exclu des mécanismes de remboursement.

Vers une réforme du financement de la santé

La direction de la NHIA, représentée par son PDG, le Dr Victor Asare Bampoe, a confirmé que le pays est à la croisée des chemins. Le gouvernement cherche désormais à passer d'une logique de volume — où l'on finance le nombre d'actes — à une logique de valeur, axée sur les résultats de santé obtenus. Les discussions actuelles entre les décideurs et les partenaires techniques portent sur deux axes majeurs : l'élaboration de tarifs de remboursement spécifiques pour les résultats cliniques et l'inclusion formelle des services de télémédecine dans le panier de soins couvert par l'État.

Un changement de paradigme nécessaire

Pour les acteurs du secteur, comme le Dr Peter Yeboah de la CHAG, cette transition est impérative pour optimiser les investissements publics. En cessant de considérer la santé comme un simple centre de coûts pour l'envisager comme un investissement stratégique, le Ghana espère pérenniser son système de protection sociale. L'intégration des outils numériques apparaît ainsi comme un levier essentiel pour améliorer l'efficacité du système tout en garantissant une meilleure équité d'accès aux soins pour les populations les plus vulnérables.

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