La région d'Oubri, au Burkina Faso, a lancé une opération d'envergure pour freiner la propagation du paludisme en ciblant directement les vecteurs de la maladie. Cette mobilisation citoyenne, intégrée aux Journées nationales de lutte contre les vecteurs (JNVC), vise à transformer l'assainissement du cadre de vie en un réflexe quotidien pour protéger les populations les plus vulnérables.
Une stratégie axée sur la destruction des gîtes larvaires
Le 5 septembre 2026, autorités régionales, forces de sécurité et citoyens se sont réunis à Ziniaré pour une opération coordonnée d'élimination des eaux stagnantes et des zones propices à la reproduction des moustiques. Cette initiative, portée par le Secrétariat permanent pour l'élimination du paludisme, s'appuie sur le constat que la suppression des gîtes larvaires demeure un levier de prévention indispensable face à une pathologie qui frappe particulièrement les enfants et les femmes enceintes.
De l'espace public à la sphère privée
Si la première phase des JNVC avait déjà permis des interventions concrètes, notamment le curage de 188 mètres de caniveaux et la collecte de plus de 2 200 pneus usagés, les autorités souhaitent désormais franchir une nouvelle étape. La gouverneure de la région d'Oubri, Sy Assetou Barry/Traoré, a insisté sur la nécessité d'étendre ces efforts aux concessions privées. L'enjeu est de taille : l'efficacité des actions menées dans les rues pourrait être neutralisée si des foyers de larves persistent au sein même des domiciles.
Sensibilisation et engagement communautaire
Au-delà des opérations de terrain, la campagne mise sur une stratégie de communication durable. Des émissions radiophoniques sont programmées pour ancrer les bonnes pratiques d'hygiène dans les habitudes des populations. Pour incarner cet engagement, des « champions » ont été désignés dans chaque province afin de porter le message de prévention. Cette dynamique inclusive a également permis de mettre en lumière des acteurs locaux, tels que des guérisseurs traditionnels, dont l'implication dans la lutte contre le paludisme est désormais officiellement reconnue et encouragée par les autorités sanitaires.