Face aux défis persistants d'accès aux soins dans la région de l'Oti au Ghana, le Comité régional de santé a lancé une initiative stratégique visant à implanter un dépôt médical centralisé à Worawora. Ce projet ambitionne de sécuriser la chaîne d'approvisionnement en médicaments essentiels pour rendre effective la politique de gratuité des soins de santé primaires.
Un levier pour la gratuité des soins
Lors de la revue de performance 2026, le professeur Mark Appiah, président du Comité, a souligné que la gratuité des soins ne peut être une réalité tangible sans une disponibilité constante des produits de santé. Actuellement, la région dépend de stocks provenant d'autres zones géographiques, ce qui engendre des ruptures fréquentes et des délais de livraison préjudiciables aux populations, notamment dans les zones rurales isolées. L'établissement de ce dépôt à Worawora est présenté comme une solution structurelle pour réduire la dépendance logistique et garantir que les médicaments atteignent les patients au moment opportun.
Sécurisation du foncier sanitaire
Au-delà de la logistique, le Comité engage une opération de régularisation foncière sur l'ensemble des terrains appartenant au Service de santé du Ghana (GHS) dans la région. Cette démarche, menée en collaboration avec la Commission des terres et les autorités traditionnelles, vise à obtenir des titres de propriété officiels. L'objectif est de protéger les infrastructures actuelles et futures contre les empiétements et les litiges, garantissant ainsi la pérennité des investissements publics dans le secteur de la santé pour les générations futures.
Un déficit critique en ressources humaines
Malgré des avancées notables dans la surveillance des maladies et la santé maternelle, le système de santé de l'Oti reste sous tension. Le Dr Kofi Amo-Kodieh, directeur régional de la santé, a révélé un besoin urgent de 3 592 agents de santé supplémentaires pour assurer un fonctionnement optimal des établissements répartis dans les neuf districts et municipalités. Ce manque de personnel, couplé à l'absence actuelle de stockage centralisé, pèse lourdement sur les centres de santé communautaires.
Appel à une mobilisation collective
Pour concrétiser ces projets, les autorités sanitaires appellent à une synergie entre l'État, les partenaires au développement, le secteur privé et la diaspora. Le Dr Amo-Kodieh insiste sur le fait que le gouvernement ne peut porter seul cette charge. Le soutien attendu, qu'il soit financier, technique ou matériel, est présenté comme un investissement indispensable pour transformer durablement l'offre de soins dans cette région en plein développement.