À l'occasion de la 16e édition du Salon international du tourisme et de l'hôtellerie de Ouagadougou (SITHO), la région de l'Est du Burkina Faso déploie une vitrine ambitieuse pour promouvoir son identité gourmantché. Entre traditions ancestrales et potentialités économiques, cette participation vise à transformer le patrimoine immatériel et naturel en leviers de développement local.
Un patrimoine immatériel au cœur de l'identité
La délégation régionale met en lumière des pratiques culturelles singulières, telles que la géomancie et l'art divinatoire. Jean Lompo, chef de service du patrimoine culturel et touristique de la région, souligne que ces savoirs, loin d'être de simples curiosités, constituent des piliers de la vie sociale et spirituelle locale. Le stand propose également une immersion dans les traditions vestimentaires, notamment à travers le Cencenmongu, un pagne tissé symbolique, autrefois central dans les rites de dot et aujourd'hui vecteur de fierté culturelle.
Artisanat et gastronomie : des savoir-faire à professionnaliser
Au-delà de la symbolique, le salon sert de plateforme commerciale pour les artisans de l'Est. La région expose une diversité de produits allant de la vannerie et de la bijouterie à la transformation agroalimentaire, comme le miel du Gourma. La gastronomie est également représentée par le « tô boule-boule », un plat traditionnel réputé pour sa capacité de conservation. Toutefois, ces secteurs font face à des défis logistiques majeurs, notamment des difficultés d'acheminement des matières premières et des contraintes liées à l'écoulement des produits sur les marchés nationaux.
Tourisme de nature et transmission intergénérationnelle
La région mise sur ses atouts naturels, tels que les parcs nationaux du W et d'Arly, ainsi que les falaises de Gobnangou, pour attirer les visiteurs. Pour assurer la pérennité de ces richesses, des initiatives locales intègrent désormais la jeunesse dans les centres culturels, favorisant la transmission des techniques de tissage et de production artisanale. Cette stratégie de valorisation, portée par le SITHO 2026, cherche à transformer ces atouts en opportunités d'emplois durables, tout en changeant la perception du public sur la richesse du patrimoine de l'Est burkinabè.