Les autorités régionales de Koulikoro ont prolongé le couvre-feu en vigueur depuis le 25 avril dernier, maintenant des restrictions de circulation jusqu'au 21 septembre 2026. Cette mesure, qui entre dans son cinquième mois, vise à sécuriser les axes stratégiques entourant le district de Bamako face aux risques persistants d'infiltrations.
Une organisation territoriale des restrictions
La décision signée par le gouverneur, le colonel Lamine Kapory Sanogo, instaure des horaires différenciés pour répondre aux réalités socio-économiques locales. Dans les communes périurbaines fortement intégrées à l'agglomération de Bamako, telles que Kalaban-Coro, Niamana, Kabala ou Sangarébougou, le couvre-feu est fixé de minuit à 5 h 30. À Kati, Banamba, Kangaba et Kolokani, les déplacements sont interdits de 23 heures à 6 heures. Dans le reste de la région, le dispositif est plus strict, avec une interdiction de circuler de 21 heures à 6 heures. Par ailleurs, l'interdiction de circulation des camions-bennes, en vigueur depuis le 15 mai, est maintenue sur l'ensemble du territoire régional.
La sécurisation des corridors logistiques
La région de Koulikoro occupe une position charnière pour l'approvisionnement de la capitale. Elle abrite notamment Kati, ville-garnison stratégique, et constitue le point de passage obligé du corridor venant de Kayes. La sécurisation de cet axe est une priorité pour les autorités, comme en témoigne l'escorte militaire de 940 camions civils réalisée fin juin sur l'itinéraire Kayes-Bamako. La persistance de la menace, illustrée par l'attaque de la prison de Kéniéroba le 4 juillet dernier, justifie aux yeux des autorités le maintien de ce dispositif préventif.
Un dispositif sécuritaire qui s'installe dans la durée
Initialement présentée comme une réponse ponctuelle aux attaques coordonnées du 25 avril, la mesure est devenue un outil de gestion sécuritaire pérenne. Si les autorités tentent d'adapter les horaires pour limiter l'impact sur les activités économiques nocturnes, la reconduction systématique du couvre-feu souligne l'absence de retour à la normale. L'enjeu pour les forces de défense et de sécurité, chargées de l'application du dispositif, reste de maintenir une surveillance efficace des zones sensibles tout en évaluant l'impact de ces restrictions sur la mobilité des populations et la fluidité des échanges commerciaux vers Bamako.