La région de Kédougou, au Sénégal, fait face à une épidémie de diphtérie qui a causé quatre décès et trente cas confirmés depuis le mois d'août. Si les autorités sanitaires ont déjà vacciné 3 000 enfants, la persistance de la maladie impose une vigilance accrue et une accélération des campagnes de rattrapage vaccinal.
Une concentration géographique des cas
Le bilan épidémiologique actuel révèle une disparité dans la propagation du virus. Le district sanitaire de Kédougou demeure l'épicentre de la crise avec vingt cas recensés, dont la moitié localisée au sein de la commune. Le district de Saraya, bien qu'ayant enregistré huit cas, ne rapporte aucune nouvelle infection depuis deux semaines, tandis que Salémata affiche deux cas. Cette répartition géographique guide désormais les efforts de surveillance des équipes médicales régionales.
Dispositif de prise en charge et suivi des contacts
Le directeur régional de la santé, le Dr Niène Seck, souligne que la situation, bien que préoccupante, est sous contrôle hospitalier : aucun patient n'est actuellement admis au Centre hospitalier régional. Pour limiter la propagation, les autorités ont instauré la gratuité des soins dans toutes les structures sanitaires locales. Parallèlement, un protocole de prophylaxie est appliqué aux personnes ayant été en contact avec des malades, incluant un suivi médical rigoureux sur une période allant de sept à quatorze jours.
Le défi de la couverture vaccinale
La prévention reste l'enjeu majeur pour rompre la chaîne de transmission. Si le Programme élargi de vaccination (PEV) a permis de protéger 3 000 enfants, les autorités sanitaires alertent sur la vulnérabilité d'une partie de la population juvénile. Plus de 1 000 enfants n'auraient reçu aucune dose de vaccin à ce jour. Face à ce constat, le Dr Seck insiste sur la nécessité d'une mobilisation collective des populations pour compléter les schémas vaccinaux incomplets et assurer une protection immunitaire suffisante au sein des communautés les plus exposées.