À l'occasion de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies, la question de la représentativité africaine au sein du Conseil de sécurité revient au cœur des débats. Le juriste Gorgui Diouf pointe une anomalie structurelle : 1,4 milliard d'habitants ne disposent d'aucun siège permanent, privant le continent d'un levier décisionnel sur sa propre sécurité.
Le poids du veto dans l'enlisement des crises
Pour Gorgui Diouf, le fonctionnement actuel du Conseil de sécurité est entravé par l'usage systématique du droit de veto par ses cinq membres permanents. Cette pratique, dictée par des intérêts géostratégiques divergents, est identifiée comme un facteur majeur de paralysie face aux conflits qui déchirent le Sahel, le Soudan et l'est de la République démocratique du Congo. Le spécialiste souligne le décalage entre les résolutions de l'Assemblée générale, dépourvues de force contraignante, et la réalité des décisions prises au sein de l'organe exécutif onusien.
Une absence qui fragilise la stabilité continentale
L'argument central du docteur en droit public repose sur une exigence de justice internationale. L'exclusion des nations africaines des instances décisionnelles permanentes signifie que les trajectoires de paix sur le continent sont souvent définies sans l'implication directe des premiers concernés, voire en opposition avec leurs intérêts. Cette mise à l'écart est perçue comme un moteur d'instabilité, le système actuel ne parvenant pas à intégrer les dynamiques et les besoins spécifiques des États africains dans la gestion des crises sécuritaires.
Le défi d'une réforme structurelle
Le pronostic pour les prochaines échéances onusiennes reste réservé. Selon Gorgui Diouf, une évolution volontaire des membres permanents vers un abandon ou un partage du droit de veto est peu probable à court terme. Face à ce blocage, il exhorte le Sénégal, qui assure depuis juillet 2026 la présidence en exercice de la CEDEAO, ainsi que l'Union africaine, à porter ce plaidoyer non plus comme un simple ajustement technique, mais comme une question fondamentale de justice et d'équité au sein de l'ordre mondial.