La restructuration du modèle de gestion des ressources aurifères au Ghana représente une avancée majeure pour la gouvernance économique du pays. Kofi Bentil, vice-président du think tank IMANI Africa, estime que l'évolution actuelle de GoldBod constitue la réponse la plus adaptée pour isoler la Banque centrale des aléas du marché des matières premières.
La fin d'une exposition directe aux risques
Auparavant, la Banque du Ghana (BoG) était directement impliquée dans les opérations de négoce d'or via GoldBod. Cette configuration imposait à l'institution monétaire de porter seule le poids financier des transactions, qu'il s'agisse de gains ou de pertes. Une telle structure était jugée problématique par les observateurs, car elle faisait peser des risques commerciaux sur une entité dont la mission première demeure la stabilité financière et monétaire du pays.
Vers une autonomie financière de GoldBod
Le système est actuellement en phase de transition vers un modèle d'indépendance accrue. L'objectif est de doter GoldBod de son propre capital, lui permettant ainsi de mener ses activités d'achat et de vente de manière autonome. Dans ce nouveau cadre, les résultats financiers — bénéfices comme pertes — seront désormais inscrits au bilan de l'entité et non plus sur celui de la Banque centrale. Cette séparation des responsabilités vise à assainir la gestion des ressources nationales tout en clarifiant les rôles de chaque institution.
Un processus d'amélioration continue
Si Kofi Bentil défend fermement la pertinence stratégique de GoldBod, il souligne que l'institution n'est pas exempte de défauts. Il rejette toutefois l'idée que la création de cet organisme soit une erreur politique, affirmant qu'il s'agit du dispositif le plus efficace mis en place par le Ghana à ce jour. Pour l'expert, le débat public doit désormais se concentrer sur l'identification et la correction des faiblesses opérationnelles persistantes, plutôt que sur une remise en cause fondamentale du concept, afin de consolider la gestion des richesses aurifères du pays.