Le débat sur la révision de la Constitution ghanéenne de 1992 est relancé par les critiques de Sulemana Braimah, directeur de la Media Foundation for West Africa. Ce dernier pointe une réticence marquée de l'ancien président Nana Akufo-Addo à engager des réformes structurelles, soulevant des interrogations sur la pérennité des processus de changement institutionnel dans le pays.
La vision conservatrice de l'ancien président
Lors d'échanges avec des organisations de la société civile, l'ancien président Nana Akufo-Addo avait exprimé une position prudente, voire conservatrice, vis-à-vis de toute modification constitutionnelle. Selon Sulemana Braimah, le chef de l'État estimait que la Constitution actuelle était le socle de la stabilité démocratique du Ghana depuis plusieurs décennies. Cette posture, axée sur la préservation de l'ordre établi plutôt que sur l'évolution des textes, a nourri le scepticisme des acteurs de la société civile quant à la volonté réelle de l'exécutif d'introduire des mécanismes plus robustes, notamment dans la lutte contre la corruption.
Le défi de la mise en œuvre des réformes
La question de la réforme constitutionnelle ne se limite pas à la volonté politique, mais s'inscrit dans un processus technique complexe. Le gouvernement a récemment franchi une étape en inaugurant un comité de onze membres, le Constitution Review Implementation Committee (CRIC), sous l'égide du procureur général et ministre de la Justice, Dr Dominic Akuritinga Ayine. Cette instance a pour mission d'analyser les recommandations issues du rapport de la commission présidée par le professeur H. Kwesi Prempeh, en les confrontant au document de position officielle du gouvernement.
Un processus sous surveillance citoyenne
L'installation du CRIC marque une tentative de concrétiser des propositions de réforme longtemps débattues. Toutefois, l'historique des interactions entre la présidence et les organisations de la société civile laisse planer un doute sur l'aboutissement concret de ces travaux. Pour les observateurs, l'enjeu est désormais de savoir si ce nouveau comité parviendra à transformer les recommandations théoriques en un cadre législatif effectif, capable de renforcer les institutions ghanéennes malgré les résistances politiques observées par le passé.