La situation sécuritaire des ressortissants nigérians en Afrique du Sud se dégrade, marquée par une série de meurtres récents qui porte le bilan à douze victimes depuis le début de l'année 2026. Face à cette escalade, l'ambassade du Nigeria dénonce une tendance inquiétante au ciblage systématique de ses citoyens et pointe du doigt l'absence totale de poursuites judiciaires contre les auteurs de ces violences.
Une série de drames en septembre
Le bilan s'est alourdi en septembre avec la mort de trois ressortissants nigérians en l'espace de quelques jours. Le 18 septembre, Kenechukwu Igwemmadu a trouvé la mort à Bloemfontein alors qu'il tentait d'échapper à une opération policière marquée par des brutalités. Deux jours plus tard, Olaniyi Olatunde a été abattu dans un club de Pretoria par un individu qui, après avoir pris la fuite, est revenu sur les lieux pour menacer les témoins. Enfin, le 21 septembre, Christian Nnaemeka a été torturé à mort à Primrose lors d'une intervention menée par le groupe « Sizok’thola », dirigé par Xolani Khumalo.
L'implication des forces de l'ordre et des milices
Le consulat nigérian souligne une réalité alarmante : une part significative des violences est attribuée à des agents de l'État. Selon l'ambassadeur Femi Fani-Kayode, au moins cinq des douze Nigérians tués cette année auraient été victimes des forces de sécurité sud-africaines. Ces incidents s'inscrivent dans un contexte plus large où des groupes privés, agissant parfois sous couvert d'opérations de maintien de l'ordre, opèrent en toute impunité, exacerbant le climat de peur au sein de la communauté étrangère.
Un cycle d'impunité persistante
Au-delà des faits récents, les chiffres communiqués par la représentation diplomatique nigériane révèlent une tendance structurelle : depuis 2022, 112 Nigérians ont été tués sur le sol sud-africain, dont 32 par des membres des forces de sécurité. Malgré ces statistiques, aucune condamnation n'a été prononcée à ce jour, laissant les familles des victimes sans recours judiciaire. L'ambassadeur a réitéré son appel aux autorités sud-africaines pour qu'elles garantissent la protection des étrangers et traduisent les responsables en justice, soulignant que l'absence de sanctions alimente un sentiment de vulnérabilité croissant pour les ressortissants nigérians.