Un nouveau drame maritime a endeuillé le Sud-Kivu, où le naufrage d'une embarcation transportant des commerçants a causé la mort d'au moins 12 personnes. Cette catastrophe, survenue près de l'île d'Idjwi, s'inscrit dans une série noire qui interroge la gestion de la sécurité sur les voies navigables congolaises.
Un bilan humain qui s'alourdit sur le lac Kivu
Le navire, qui assurait une liaison entre Bwina et Boza, transportait plus de 50 passagers ainsi que des marchandises lorsqu'il a chaviré tard dans la nuit de samedi. Si les autorités locales et les secours ont pu extraire environ 15 survivants des eaux, les recherches se poursuivent pour retrouver les dizaines de passagers portés disparus. Ce naufrage survient quelques jours seulement après une tragédie similaire sur le lac Tanganyika, où 41 personnes ont péri dans des circonstances comparables, illustrant la vulnérabilité chronique des réseaux de transport lacustre en République démocratique du Congo.
Le défi persistant de la sécurité des passagers
Le transport par eau constitue une artère vitale pour plus de 100 millions de Congolais, palliant l'absence d'infrastructures routières adéquates. Toutefois, les conditions d'exploitation restent précaires : surcharge récurrente des embarcations et absence quasi systématique d'équipements de sauvetage, tels que les gilets de sauvetage, sont monnaie courante. Malgré les directives officielles visant à imposer le port de protections individuelles, l'application de ces mesures sur le terrain demeure largement insuffisante, exposant quotidiennement les usagers à des risques mortels.
Vers une refonte nécessaire de la régulation
La répétition de ces accidents place les agences nationales sous une pression croissante pour durcir la réglementation des voies navigables intérieures. Les acteurs de la société civile soulignent toutefois qu'une simple approche punitive ne suffira pas à endiguer le phénomène. Les experts en gouvernance locale préconisent une stratégie combinant une application rigoureuse des normes de sécurité et des campagnes de sensibilisation durables auprès des populations. L'enjeu est de transformer durablement les pratiques au sein des réseaux fluviaux et lacustres informels, qui demeurent, faute d'alternatives, le seul moyen de déplacement pour une large partie de la population.