Le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, traverse une nouvelle phase de violences intenses opposant les forces armées régulières (FARDC), les groupes Wazalendo et la coalition AFC/M23. La société civile locale dénonce un bilan humain alarmant, marqué par des victimes civiles directes et des déplacements de populations contraintes de fuir les zones de combat.
Un bilan humain qui s'alourdit
La société civile Forces vives de Masisi a documenté, sur les quatre derniers jours, une série d'incidents tragiques affectant directement les non-combattants. Selon le rapporteur général de l'organisation, Télesphore Mithondeke, l'usage de drones kamikazes et les tirs croisés sont à l'origine de plusieurs décès. Dans le groupement Ufamandu II, une frappe de drone a notamment coûté la vie à une femme et à un enfant. Parallèlement, les affrontements à Burungu ont causé la mort de huit civils, tandis que des tirs à Kahutu ont blessé deux femmes, dont une enceinte. À Botoyi, les autorités locales font état d'au moins quatre personnes tuées.
Impact sur les infrastructures et l'éducation
Au-delà des pertes en vies humaines, les hostilités paralysent la vie sociale et économique des localités concernées. Les activités scolaires sont interrompues dans plusieurs entités du territoire, privant les enfants d'accès à l'éducation. À Pinga, dans le territoire voisin de Walikale, une école a été détruite à proximité de l'aérodrome, illustrant la vulnérabilité des infrastructures civiles face à l'intensité des combats. Ces violences provoquent des déplacements massifs de populations, aggravant une situation humanitaire déjà précaire dans la région.
Appels à la responsabilité et au droit humanitaire
Face à cette dégradation sécuritaire, la société civile exige l'ouverture d'enquêtes indépendantes pour établir les responsabilités dans ces attaques. Télesphore Mithondeke exhorte l'ensemble des parties au conflit à respecter strictement le droit international humanitaire, qui impose la protection des civils en période de guerre. À ce jour, les autorités militaires n'ont pas encore communiqué sur ces événements, alors que la tension demeure vive dans les zones de Masisi et de Walikale, où des attaques de drones continuent d'être signalées par les sources locales.