L'Alliance pour la République (APR), formation de l'ancien président Macky Sall, traverse une phase de décomposition accélérée. En témoigne le ralliement spectaculaire de sept maires de la région de Fatick, fief historique de l'ex-chef de l'État, au mouvement Kiiraay porté par le président Bassirou Diomaye Faye.
Un basculement symbolique au cœur du bastion
La région de Fatick, terre natale de Macky Sall et socle de son ascension politique, vient de connaître un séisme électoral. Sept édiles locaux — Youssou Diome (Diofior), Abdoulaye Ndiaye (Diaoulé), Aïssatou Ndiaye (Djilass), Mame Singui Sarr (Palmarin), Demba Diouf (Ngayokhème), Niokhor Ndour (Mbélakadiao) et Sidiya Diouf (Loule Sessène) — ont officiellement rejoint les rangs de Kiiraay. Ce mouvement, lancé fin juillet par le chef de l'État actuel, vise à structurer une nouvelle majorité présidentielle capable de s'implanter durablement sur l'échiquier national.
Une stratégie de ralliement coordonnée
Loin d'être des défections isolées, ces adhésions ont été actées lors d'une réception commune organisée par Aminata Touré, figure de proue de Kiiraay. Cette démarche collective confère à l'opération une dimension de raid politique orchestré, visant à fragiliser davantage l'influence de l'ancien pouvoir. En officialisant leur soutien à Bassirou Diomaye Faye, ces élus locaux actent une rupture nette avec la ligne de l'APR, désormais incapable de maintenir la cohésion de ses troupes sur le terrain.
L'érosion continue de l'APR
Ce coup de filet dans le Fatick s'inscrit dans une dynamique plus large de désertion au sein de l'ancien parti au pouvoir. Le départ récent d'Abdoulaye Seydou Sow, ancien ministre et maire de Kaffrine, avait déjà mis en lumière le malaise des cadres, qui dénoncent un manque de concertation sur les décisions stratégiques du parti. Entre l'exil de Macky Sall, les procédures judiciaires en cours et le départ de figures influentes comme Thérèse Faye Diouf, l'APR semble perdre sa capacité à mobiliser ses bastions historiques, marquant une étape décisive dans la recomposition du paysage politique sénégalais.