La saison de la récolte des olives en Cisjordanie occupée est marquée par une recrudescence d'attaques violentes menées par des colons israéliens contre les agriculteurs palestiniens. Ces exactions, qui ont déjà fait plusieurs blessés, dont des femmes et un enfant, s'inscrivent dans une campagne coordonnée visant à entraver l'accès aux terres agricoles et à affirmer une mainmise territoriale.
Une campagne d'intimidation généralisée
Les incidents se multiplient à travers le territoire, de Masafer Yatta au sud d'Hébron jusqu'aux plaines de Beit Furik. Dans le village de Ma’in, le Croissant-Rouge palestinien a rapporté que six personnes, incluant quatre femmes et un mineur, ont été blessées lors d'une incursion de colons. Parallèlement, dans les zones de Deir Ammar et de Deir Jarir, des agriculteurs ont été contraints d'abandonner leurs récoltes sous la menace d'armes à feu, tandis que des infrastructures agricoles, telles que des fermes à Kafr Malek, ont subi des destructions matérielles, notamment l'abattage de bétail.
L'influence d'un édit religieux sur la violence
Cette vague de violences est alimentée par un édit religieux émis par le rabbin Dov Lior, figure influente proche du parti Pouvoir juif du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir. Le texte autorise explicitement les colons à récolter les olives sur des terres palestiniennes, arguant d'un droit divin à la conquête du territoire. Cette justification idéologique sert de catalyseur aux actions des groupes radicaux, tels que la « jeunesse des collines », qui cherchent à transformer la présence agricole en un outil de revendication foncière permanente.
L'impunité face aux enjeux électoraux
La réponse des autorités israéliennes est jugée largement insuffisante par les observateurs locaux. Alors que plus de 300 attaques ont été documentées depuis le début du mois d'octobre, les forces de sécurité interviennent fréquemment pour protéger les colons ou arrêter les propriétaires terriens palestiniens plutôt que de faire cesser les agressions. Cette passivité est analysée comme un calcul politique à l'approche des élections du 27 octobre, où la surenchère sécuritaire et le soutien aux colons sont perçus comme des leviers électoraux efficaces par les membres de la coalition gouvernementale actuelle.