La 6e édition du Symposium international sur la science et la technologie (SIST), qui s'est tenue à Ouagadougou, a mis en lumière la vitalité de la recherche africaine tout en pointant un défi majeur : le passage des travaux académiques à l'application industrielle. Réunissant plus de 940 participants, l'événement a réaffirmé que la souveraineté technologique du continent dépend désormais de la capacité à transformer les savoirs endogènes et scientifiques en leviers de croissance durable.
Un écosystème scientifique en pleine effervescence
Avec près de 892 soumissions scientifiques, cette édition a témoigné d'une montée en puissance de la production intellectuelle sur le continent. Les travaux, incluant 572 communications orales et 215 posters, ont couvert des secteurs stratégiques tels que l'agriculture, l'énergie, la santé et les sciences humaines. Pour le comité scientifique, cette forte mobilisation, malgré un contexte national complexe, prouve que la recherche africaine atteint un niveau de maturité et de qualité de plus en plus exigeant.
Le défi de la valorisation industrielle
Le principal point de blocage identifié par les chercheurs reste la « sortie des laboratoires ». Pour que les découvertes, notamment dans la culture du blé ou les énergies renouvelables, impactent réellement l'économie, les experts appellent à une refonte des cadres réglementaires. L'enjeu est de favoriser la création d'unités de production locales et d'inciter le secteur privé à s'impliquer davantage dans le financement et l'exploitation des innovations nationales. Sans cette passerelle, les recommandations scientifiques risquent de rester inexploitées.
Savoirs endogènes et souveraineté
Le symposium a placé la valorisation des savoirs endogènes au cœur de sa réflexion. En croisant la rigueur de la science moderne avec les pratiques traditionnelles, les chercheurs visent à construire des solutions mieux adaptées aux réalités africaines. Cette approche est perçue comme un pilier de la souveraineté, permettant au Burkina Faso et au continent de s'approprier les outils de leur propre développement plutôt que de dépendre exclusivement de modèles importés.
Une nouvelle dynamique de collaboration
L'organisation de cette édition, portée conjointement par le Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), le Centre de recherche biomoléculaire Pietro Annigoni et l'Université Saint-Thomas-d'Aquin, marque une évolution vers une gouvernance plus inclusive. Cette synergie entre institutions publiques et privées, malgré des contraintes financières réelles, est présentée comme un modèle à pérenniser pour soutenir la formation des jeunes chercheurs et garantir la continuité des travaux scientifiques sur le long terme.