Le président Félix Tshisekedi a promulgué le 25 août 2026 une loi inédite en Afrique centrale, visant à structurer le marché boursier de la RDC. Ce texte, qui encadre à la fois les bourses de valeurs et de marchandises, pourrait transformer le paysage économique du pays en facilitant l’accès au financement et en sécurisant l’épargne publique.
Une loi aux ambitions multiples : organisation, régulation et innovation
La nouvelle loi fixe les règles d’organisation, de financement, de supervision et de régulation des marchés boursiers congolais. Elle s’appuie sur l’article 202 de la Constitution de 2006, qui réserve au pouvoir central la compétence en matière de législation économique et financière. Parmi ses particularités, le texte ne se limite pas à la création d’une bourse de valeurs : il prévoit également l’instauration de bourses de marchandises, directement liées aux filières agricoles et minières du pays. Cette approche, rare sur le continent, pourrait renforcer la formalisation de secteurs clés comme l’agriculture et les mines, tout en offrant aux producteurs locaux de nouveaux outils de financement.
Un cadre constitutionnel solide, mais des détails encore flous
Le texte s’appuie sur l’ordonnance-loi n°22/030 du 8 septembre 2022, confirmant la volonté des autorités de moderniser le système financier congolais. Cependant, plusieurs éléments cruciaux restent à préciser : le numéro de la loi, sa date exacte de signature, ainsi que sa publication au Journal officiel n’ont pas été rendus publics. De même, le calendrier d’installation du régulateur, sa composition et son budget restent inconnus. Aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part de la Banque centrale du Congo ou de la Fédération des entreprises du Congo, laissant planer des incertitudes sur la mise en œuvre concrète du dispositif.
Un pari économique aux enjeux majeurs pour la RDC
Si la promulgation de cette loi marque une étape symbolique, son impact réel dépendra de sa capacité à attirer les investisseurs et à sécuriser les transactions. La future Bourse de Kinshasa, prévue pour coté en franc congolais dès 2027, pourrait offrir une alternative aux acteurs économiques locaux, souvent contraints de se tourner vers des places financières étrangères. Cependant, des défis persistent : la stabilité monétaire, la confiance des épargnants et la transparence des intermédiaires financiers seront déterminants pour le succès de cette réforme. À suivre, notamment l’annonce des prochaines étapes, comme la publication des textes d’application ou la désignation des responsables du régulateur.