La ministre d’État aux Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, Thérèse Kayikwamba Wagner, a officiellement sollicité une augmentation des ressources allouées par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au pays. Lors d'un entretien avec le directeur général de l'institution, QU Dongyu, Kinshasa a insisté sur la nécessité de réorienter ce partenariat vers des modèles économiques plus durables et structurants.
Vers des investissements productifs et bancables
Au-delà d'une simple hausse budgétaire, le gouvernement congolais souhaite transformer la nature de la coopération avec l'agence onusienne. L'objectif est de délaisser progressivement la logique de subvention pour privilégier des « projets bancables » capables d'attirer des capitaux privés. Cette nouvelle approche repose sur deux piliers stratégiques : la digitalisation des processus agricoles et la transformation industrielle des secteurs productifs, afin de maximiser l'impact économique des interventions de la FAO sur le terrain.
La forêt congolaise au cœur des enjeux financiers
Kinshasa a utilisé le rôle crucial de ses écosystèmes forestiers dans la lutte mondiale contre le changement climatique comme levier de négociation. Face à une baisse constatée des financements internationaux dédiés à la préservation forestière, la RDC cherche à obtenir un soutien accru pour ses initiatives de gestion durable. Cette demande s'inscrit dans une volonté plus large de valoriser le potentiel environnemental du pays, à l'image du projet « Couloir vert Kivu-Kinshasa », tout en répondant aux défis persistants de la déforestation primaire observée en 2025.
Un nouveau cadre de programmation en préparation
La signature prochaine du nouveau Cadre de programmation pays de la FAO marquera l'aboutissement de ces discussions. Ce document stratégique, élaboré sous le leadership congolais, se décline en quatre axes prioritaires : la gouvernance des secteurs agricole et environnemental, le développement des chaînes de valeur, la résilience agroalimentaire et le renforcement des moyens de subsistance des populations les plus vulnérables. Par ailleurs, Kinshasa a exprimé le souhait d'une représentation plus forte des cadres congolais au sein de l'organisation internationale, soulignant l'importance d'une expertise locale dans la mise en œuvre des projets.