Face à la propagation du virus Ebola de souche Bundibugyo en République démocratique du Congo, Médecins sans frontières (MSF) a lancé l'étude clinique BRAVO. Ce programme de recherche vise à évaluer, en conditions réelles, l'efficacité du vaccin Ervebo auprès de 20 000 travailleurs de première ligne dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu.
Une stratégie face à l'inadéquation des vaccins actuels
Le vaccin Ervebo est initialement homologué pour lutter contre la souche Zaïre du virus Ebola. Or, l'épidémie qui sévit en RDC depuis mai est causée par la souche Bundibugyo. Malgré cette discordance, les autorités sanitaires et MSF ont choisi de déployer cet outil, faute d'alternative disponible à grande échelle. Selon Guyguy Manangama, directeur adjoint des opérations de MSF, des données préliminaires suggèrent une protection potentielle, même partielle, qui pourrait limiter les formes graves de la maladie et réduire la mortalité parmi le personnel soignant.
Un protocole de recherche rigoureux en zone d'épidémie
L'étude BRAVO, menée en collaboration avec le ministère de la Santé, l'Institut national de recherche biomédicale (INRB) et Africa CDC, s'étendra sur une période de neuf à douze mois. Le protocole prévoit une phase de vaccination de trois mois, suivie d'un suivi médical rigoureux d'au moins six mois pour les participants volontaires. Cette recherche est pilotée par Epicentre, le centre de recherche épidémiologique de MSF, afin de fournir des preuves scientifiques sur l'utilité de cette vaccination dans le contexte spécifique de la souche Bundibugyo.
Complémentarité avec les mesures de riposte
Les acteurs de santé soulignent que l'Ervebo ne constitue qu'une mesure transitoire en attendant le développement de vaccins spécifiquement ciblés contre la souche Bundibugyo. L'étude ne prétend pas mettre fin à l'épidémie, mais cherche à renforcer la protection des agents de santé, particulièrement exposés. Actuellement, MSF mobilise un dispositif massif en RDC, incluant plus de 2 800 soignants, neuf centres de traitement et quinze unités d'isolement, ayant déjà pris en charge plus de 3 100 patients depuis le début de la crise.