La RDC interdit le dichlorvos et la marque Sniper face aux risques d'intoxications mortelles

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 17 lectures
La RDC interdit le dichlorvos et la marque Sniper face aux risques d'intoxications mortelles

L'Autorité congolaise de réglementation pharmaceutique (ACOREP) a ordonné le retrait immédiat du marché national de tous les produits contenant du dichlorvos, une substance insecticide largement commercialisée sous la marque Sniper. Cette décision radicale, actée le 26 août 2026, répond à une recrudescence d'intoxications aiguës et mortelles liées à l'utilisation de ce composé chimique hautement dangereux.

Une interdiction totale sur le territoire national

La mesure prise par l'ACOREP est sans équivoque : elle proscrit l'importation, la fabrication, la distribution et la commercialisation de tout produit à base de dichlorvos. Les acteurs de la chaîne commerciale, des importateurs aux détaillants, ont l'obligation de retirer ces produits du circuit de vente. Ces stocks doivent être sécurisés en vue d'une destruction supervisée par les autorités sanitaires. Pour la population, cette directive marque la fin de l'usage domestique de ces insecticides, les autorités recommandant désormais de se tourner vers des alternatives conformes aux normes de sécurité.

Les fondements scientifiques d'une dangerosité avérée

Le dichlorvos, ou DDVP, est classé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la catégorie des produits hautement dangereux (classe Ib). Son mécanisme d'action repose sur le blocage d'une enzyme essentielle du système nerveux, l'acétylcholinestérase. Au-delà de sa toxicité immédiate, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé cette substance dans le groupe 2B, signifiant qu'elle est potentiellement cancérogène pour l'homme. Ces données scientifiques confirment les risques toxicologiques majeurs qui ont motivé l'action des autorités congolaises.

Une dynamique de régulation internationale

La RDC rejoint ainsi une liste croissante de pays ayant banni ou restreint drastiquement l'usage du dichlorvos. L'Union européenne a ouvert la voie dès 2007, suivie par des nations comme la Suisse, le Maroc, l'Australie et, plus récemment en Afrique, le Bénin. Si certains pays, dont les États-Unis, maintiennent des autorisations sous conditions strictes, d'autres comme le Nigeria ont opté pour une régulation partielle, limitant les formats de vente. En RDC, cette interdiction vient compléter une liste de substances phytosanitaires prohibées qui, jusqu'alors, ne mentionnait pas le dichlorvos.

Les défis de l'application de la mesure

Malgré la fermeté de l'annonce, des zones d'ombre subsistent quant à la mise en œuvre opérationnelle. Le communiqué officiel ne précise ni les sanctions encourues par les contrevenants, ni les modalités logistiques précises pour la collecte et la destruction des stocks existants. L'absence de délai d'écoulement souligne le caractère urgent de la décision, bien que la communication publique autour de cette interdiction reste un point à surveiller pour garantir son effectivité sur l'ensemble du territoire.

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