La RDC face à une crise sanitaire multidimensionnelle : le défi de la résilience des systèmes de soins

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 26 lectures
La RDC face à une crise sanitaire multidimensionnelle : le défi de la résilience des systèmes de soins

La République démocratique du Congo fait face à une superposition critique d'urgences sanitaires, où la lutte contre Ebola vient saturer des structures déjà éprouvées par le choléra et la rougeole. Cette concentration des efforts sur une seule menace, couplée à un sous-financement chronique, menace la continuité des services de santé essentiels pour les populations les plus vulnérables.

Une saturation des ressources humaines et matérielles

La gestion des épidémies en RDC repose sur une mutualisation forcée des moyens. Les mêmes laboratoires, véhicules et stocks de médicaments sont sollicités pour répondre simultanément à Ebola, au choléra et à la rougeole. Cette situation est particulièrement alarmante pour la rougeole, qui a enregistré plus de 120 000 cas suspects et 1 600 décès, touchant majoritairement des enfants de moins de cinq ans. Le choléra, quant à lui, continue de sévir avec plus de 43 000 cas suspects recensés depuis le début de l'année. Le personnel médical, déjà en nombre limité, est massivement réorienté vers les investigations et le suivi des contacts liés à Ebola, délaissant les soins courants.

Le risque de rupture des services de base

Le Cluster Santé, organe de coordination des partenaires sanitaires, exprime une vive inquiétude quant à l'effondrement des services de santé de routine. La priorité absolue accordée à Ebola entraîne un recul préoccupant dans des domaines vitaux tels que la vaccination infantile, le suivi des accouchements, la santé mentale et la prise en charge des victimes de violences sexuelles. Le Docteur Alou Badara Traoré, coordinateur national du Cluster Santé, souligne que cette crise affecte autant l'offre de soins que la demande, les populations se détournant des centres de santé faute de personnel disponible pour les accueillir.

Un sous-financement qui entrave la riposte

L'efficacité de la réponse humanitaire est entravée par un déficit financier majeur. Au 31 août, moins de 50 % des 2,13 milliards de dollars requis pour l'ensemble des besoins humanitaires avaient été mobilisés. Cette carence budgétaire empêche une approche intégrée, pourtant indispensable dans des provinces où les besoins des populations dépassent largement le cadre strict de la santé. Face à ce constat, le Cluster Santé préconise une sanctuarisation des moyens dédiés aux soins non liés à Ebola et une meilleure coordination des financements pour éviter que la lutte contre une épidémie ne se transforme en un désastre sanitaire global pour le reste de la population.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.