Le ministère des Affaires foncières de la République démocratique du Congo a lancé un programme de formation intensif destiné à moderniser la gestion des archives foncières. Cette initiative, qui cible prioritairement les cadres de neuf circonscriptions de Kinshasa, vise à pallier la dégradation des documents papier et à sécuriser durablement les droits de propriété immobilière sur l'ensemble du territoire national.
Un impératif de gouvernance et de sécurité juridique
La gestion des archives foncières constitue un enjeu majeur pour la stabilité économique et sociale du pays. Face à la vétusté des infrastructures de stockage et à la disparition préoccupante de certains « dossiers mères », l'administration foncière cherche à renforcer ses pratiques de conservation. Pour le secrétaire général aux Affaires foncières, cette démarche dépasse le cadre administratif : elle est une condition sine qua non pour garantir la sécurité juridique des citoyens et favoriser un développement économique sain, fondé sur la transparence des titres.
La numérisation comme levier de transformation
La ministre des Affaires foncières, O’Neige Nsele, insiste sur le caractère stratégique de ces documents, qu'elle qualifie de « mémoire des droits fonciers ». La numérisation apparaît comme l'axe central de cette transformation administrative. Ce processus est déjà en cours, avec près de 5 000 dossiers fonciers ayant fait l'objet d'une digitalisation dans sept circonscriptions de la capitale dès le mois d'août. L'objectif est de substituer progressivement des bases de données numériques aux supports physiques vulnérables.
Un déploiement progressif sur le territoire
Cette phase de formation, qui mobilise plus de 200 agents, concerne spécifiquement les circonscriptions de Kasa-Vubu, Barumbu, Matete, Kimbanseke, Lingwala, Bandalungwa, Selembao, Kintambo et Ndjili. Le programme ne se limitera toutefois pas à Kinshasa. Le ministère prévoit d'étendre ces sessions de renforcement des capacités à plusieurs autres provinces du pays. Soutenue par des partenaires techniques comme ONU-Habitat, cette réforme vise à instaurer une administration plus efficace, capable de garantir l'intégrité des droits fonciers face aux risques de fraude et de perte documentaire.