La Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, a officiellement lancé une stratégie nationale de lutte antiérosive destinée à protéger les populations et les infrastructures critiques face aux risques climatiques. Ce plan d'envergure, élaboré en concertation avec les ministères de l'Économie, du Budget et des Infrastructures, marque un tournant vers une gestion structurelle et durable de l'occupation du sol en RDC.
Un calendrier d'intervention sur dix ans
Le ministère des Infrastructures et Travaux publics a structuré cette réponse nationale en trois temporalités distinctes. La phase d'urgence, prévue sur la première année, se concentrera sur la sécurisation immédiate des sites identifiés comme les plus vulnérables. À moyen terme, soit sur une période de cinq ans, le gouvernement prévoit l'actualisation des plans directeurs urbains. Enfin, l'horizon décennal vise une transformation profonde de la planification urbaine pour garantir une occupation rationnelle et sécurisée de l'espace, limitant ainsi l'exposition des citoyens aux catastrophes naturelles.
Priorité à la coordination et à la pérennité des ouvrages
Sous la supervision directe de la cheffe du gouvernement, cette stratégie impose une rigueur nouvelle dans l'exécution des travaux. L'objectif est de rompre avec les interventions ponctuelles et souvent inachevées qui fragilisent les ouvrages existants. Cette approche intégrée doit permettre de répondre aux défis spécifiques de Kinshasa, mais aussi de villes comme Kikwit, où des centaines de têtes d'érosion compromettent quotidiennement la viabilité des routes et la sécurité des habitations.
Le chantier Bolikango comme modèle opérationnel
La mise en œuvre de cette politique est déjà visible sur le terrain, notamment à Kinshasa avec le projet de l'érosion Bolikango dans la commune de Ngaliema. Un collecteur de six kilomètres est actuellement en cours de construction pour canaliser les eaux de ruissellement vers le fleuve Congo. Financé intégralement par le budget national et confié à l'entreprise locale Aaron Sefu, ce chantier constitue un cas d'école pour la stratégie gouvernementale : il combine une réponse technique immédiate à une volonté de protection durable des infrastructures essentielles du pays.