La République démocratique du Congo (RDC) a réceptionné un premier lot de 70 000 doses du vaccin Ervebo pour endiguer la propagation du virus Ebola, souche Bundibugyo. Cette initiative, soutenue par l'OMS et l'Africa CDC, vise à protéger le personnel de santé tout en évaluant, via un essai clinique, la capacité de ce vaccin à contrer une variante pour laquelle il n'est pas initialement homologué.
Un déploiement sous haute surveillance scientifique
Le vaccin Ervebo est officiellement autorisé pour lutter contre l'espèce Zaire du virus Ebola. Son utilisation contre la souche Bundibugyo, responsable de l'épidémie actuelle en RDC, demeure une phase expérimentale. Sur les 70 000 doses reçues, 20 000 seront intégrées à un essai clinique de phase III pour mesurer son efficacité réelle. Les 50 000 doses restantes seront administrées en priorité aux travailleurs de première ligne, conformément aux recommandations du Groupe stratégique consultatif d'experts sur la vaccination (SAGE) de l'OMS.
Une épidémie d'une ampleur inédite
Déclarée le 15 mai, cette épidémie est devenue la plus vaste jamais enregistrée en RDC. Au 12 août, les autorités sanitaires recensaient 4 665 cas confirmés et 2 184 décès. Le virus s'est propagé au-delà de la zone de santé de Mongbwalu, touchant désormais 54 zones réparties dans six provinces. Cette progression rapide est exacerbée par l'insécurité, les mouvements de populations, les activités minières artisanales et les flux transfrontaliers, notamment avec l'Ouganda et le Soudan du Sud.
Vers une stratégie de réponse communautaire
Au-delà de la vaccination, l'OMS et l'Africa CDC insistent sur l'importance d'une approche centrée sur les communautés locales pour réussir le contrôle de la transmission. Ce modèle participatif doit garantir que les populations comprennent les bénéfices et les limites des interventions médicales. Parallèlement, des recherches se poursuivent pour développer des outils spécifiques au virus Bundibugyo, notamment avec le candidat vaccin ChAdOx1 BDBV, actuellement en phase I d'essais cliniques à l'Université d'Oxford.
Une vigilance régionale accrue
La persistance de l'épidémie en RDC impose une vigilance accrue aux pays voisins. Le Nigeria a notamment activé son centre d'opérations d'urgence et renforcé la surveillance à ses points d'entrée. Après une évaluation des risques, 21 États nigérians ainsi que le territoire de la capitale fédérale ont été placés sous haute surveillance, les autorités locales étant appelées à renforcer leurs capacités d'isolement et de contrôle des infections pour prévenir toute propagation transfrontalière.