Kinshasa renforce sa campagne diplomatique pour placer Juliana Amato Lumumba à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), en sollicitant désormais le soutien du Laos, deuxième étape asiatique après le Cambodge. Le ministre délégué congolais à la Francophonie, Crispin Mbadu, a plaidé en ce sens lors d’un entretien à Vientiane avec son homologue laotien, Anouparb Vongnorkeo, le 26 août 2026. L’enjeu dépasse la seule candidature : il s’agit de promouvoir une gouvernance plus inclusive de l’OIF, alignée sur les attentes des peuples francophones.
Une tournée asiatique pour élargir les soutiens
Cette démarche s’inscrit dans une stratégie diplomatique entamée six mois plus tôt, avec l’officialisation de la candidature de Juliana Amato Lumumba le 26 février 2026. Quatre candidats s’affrontent pour succéder au poste de secrétaire général, dont l’élection est prévue le 16 novembre 2026 à Phnom Penh, en marge du XXe Sommet de la Francophonie. Kinshasa avait déjà obtenu le soutien du Cambodge, pays hôte, dès le 25 août. Le déplacement au Laos marque une nouvelle étape pour diversifier les appuis en Asie, région stratégique au sein de l’organisation.
Une vision commune au-delà de la Francophonie
L’entretien entre les deux ministres a révélé des convergences sur des enjeux multilatéraux majeurs, comme les Objectifs de développement durable (ODD) ou les positions au sein de l’ONU et du Mouvement des non-alignés. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer les relations bilatérales, illustrant une approche où la candidature congolaise sert de levier pour des partenariats élargis. Le communiqué officiel souligne aussi l’engagement partagé en faveur d’une « gouvernance renouvelée » de l’OIF, plus représentative et solidaire.
Un processus électoral sous haute tension
Les candidats ont été auditionnés publiquement à Paris le 30 juin 2026, une première dans l’histoire de l’organisation. L’échéance du 16 novembre approche, avec un scrutin décisif à Phnom Penh. La RDC mise sur une mobilisation africaine et internationale pour porter sa candidate, dont le profil est présenté comme porteur d’un renouveau pour l’institution. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’impact de cette tournée diplomatique.