La raffinerie Dangote franchit une étape majeure de son développement en lançant, ce lundi, une introduction en bourse (IPO) d'un montant de 1,6 milliard de dollars. Cette opération d'envergure, ouverte aux investisseurs particuliers à travers tout le continent, vise à financer l'augmentation des capacités de production du complexe industriel nigérian.
Une stratégie d'ouverture au capital retail
L'offre, qui s'étendra jusqu'au 13 octobre, porte sur la vente de 4,1 milliards d'actions au prix unitaire de 525 nairas. Avec un ticket d'entrée fixé à 10 unités, soit 5 250 nairas, Aliko Dangote affiche sa volonté d'intégrer dix millions de petits porteurs africains — des commerçants aux cadres — au sein de son actionnariat. Pour faciliter cette inclusion financière, les souscriptions sont accessibles via des applications de courtage et des terminaux de paiement électronique, sous réserve de validation par un numéro de vérification bancaire.
Financer le doublement des capacités de production
Actuellement dotée d'une capacité de traitement de 700 000 barils par jour, la raffinerie ambitionne de doubler ce volume d'ici 2030. Les fonds levés lors de cette IPO serviront de levier pour cette expansion industrielle. Le groupe prévoit également de répliquer ce modèle à Lamu, au Kenya, afin de répondre aux besoins énergétiques de l'Afrique de l'Est, avec une première pierre prévue pour le 30 septembre. Cette ambition s'inscrit dans une vision plus large d'industrialisation du continent, portée par les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Une solidité financière portée par le marché pétrolier
La santé financière du groupe est soutenue par une conjoncture internationale favorable. Au premier semestre, la raffinerie a enregistré un chiffre d'affaires de 19,1 billions de nairas pour un bénéfice après impôts de 2,5 billions de nairas, profitant de la hausse des cours du pétrole. Forte de ces résultats, l'entreprise envisage une cotation transfrontalière sur plusieurs places boursières majeures, dont Johannesburg, ainsi que des cotations potentielles en Égypte, au Kenya, au Ghana et au Rwanda. Le consortium bancaire mené par Vetiva Advisory Services supervise cette opération, qui dispose d'une option de surallocation de 30 % en cas de forte demande.