Un rapport publié par le Consortium Mazingira Pour Tous met en lumière une dégradation préoccupante de la qualité de l'air à Manomapia, dans la province du Lualaba. Les relevés effectués révèlent des concentrations de dioxyde de soufre (SO2) dépassant largement les seuils de sécurité sanitaire établis par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), pointant du doigt les activités de l'entreprise Tenke Fungurume Mining (TFM).
Des mesures alarmantes face aux normes de l'OMS
Les données recueillies indiquent un pic de pollution atteignant 1 834 µg/m³ sur une moyenne glissante de 10 minutes. Ce chiffre représente une concentration 3,7 fois supérieure à la limite recommandée par l'OMS, fixée à 500 µg/m³ pour une exposition de courte durée. Cette situation soulève des interrogations majeures sur le respect des normes environnementales en vigueur autour du complexe industriel, alors que la valeur guide journalière de l'OMS est, elle, limitée à 40 µg/m³.
Impacts sanitaires et préoccupations des populations locales
L'enquête, qui s'appuie sur le suivi de 209 habitants, fait état d'une corrélation perçue par les riverains entre les épisodes d'émissions industrielles et l'apparition de troubles de santé. Les résidents de Manomapia rapportent des symptômes récurrents, incluant des toux persistantes, des irritations oculaires et des saignements de nez. Si le rapport souligne qu'un lien médical direct et formel entre ces pathologies et les émanations de SO2 nécessite des vérifications cliniques approfondies, la détresse exprimée par les populations locales appelle à une attention particulière des autorités sanitaires.
Vers une expertise technique indépendante
Face à ces constats, la direction de TFM a fait valoir l'existence de dispositifs de filtration et de mesures de protection environnementale déjà opérationnels sur son site. Toutefois, le Consortium Mazingira Pour Tous préconise la réalisation d'une inspection technique indépendante pour évaluer l'efficacité réelle de ces équipements. De leur côté, les habitants réclament des mesures conservatoires immédiates ainsi qu'une prise en charge médicale adaptée pour traiter les affections respiratoires et ORL signalées dans la zone.